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Histoire des relations kurdo-arméniennes : une bienveillance réciproque nourrie par une oppression partagée et des insurrections apparentées (2/2). De l’avènement de la République turque à nos jours

Par Emile Bouvier
Publié le 24/03/2023 • modifié le 24/03/2023 • Durée de lecture : 7 minutes

 Lire la partie 1 : Les Kurdes et Arméniens sous l’Empire ottoman

Deuxième partie : de l’avènement de la République turque à nos jours : des Arméniens et Kurdes unis dans l’adversité

1. L’ère kémaliste, une époque d’oppression et de rapprochement pour les Kurdes et Arméniens

A la suite de la défaite de l’Empire ottoman au cours de la Première Guerre mondiale, les puissances de l’Entente proposent de diviser les territoires anatoliens dans le cadre du traité de Sèvres (10 août 2020). Correctement appliqué, le traité aurait mené à une expansion telle de la République démocratique d’Arménie qu’elle aurait englobé les régions de Bitlis, Van, Erzurum et Trabzon [1]. Parallèlement, le traité prévoyait l’autonomie locale des peuples kurdes habitant à l’est de l’Euphrate et dans le sud de l’Arménie [2]. Dans cette perspective, Mehmet Sherif Pasha, représentant kurde à la Conférence de la Paix de Paris [3], parviendra à s’entendre avec les représentants arméniens le 20 décembre 1919 et réalisera avec eux une déclaration conjointe lors de la conférence [4].

Cependant, les révolutionnaires turcs conduits par Mustafa Kemal Atatürk estimeront le traité inacceptable et se battront pour le contrôle inconditionnel de la totalité de l’Anatolie ; ce combat est aujourd’hui connu sous le nom de « Guerre d’indépendance turque » (du 19 mai 1919 au 11 octobre 1922). Le traité de Sèvres est alors remplacé par le traité de Lausanne (24 juillet 1923) qui établit, entre autres choses, les frontières actuelles de la République de de Turquie (à l’exception de la région du Hatay). Le traité de Lausanne n’ôte pas seulement l’espoir d’un Etat kurde indépendant mais exclut également les Kurdes du groupe d’ethnies obtenant le statut de minorité dont bénéficieront les Grecs, les Arméniens et les Juifs, et qui leur octroyait certains droits et une certaine reconnaissance culturelle et cultuelle [5].

Une série de rébellions contre l’Etat turc kémaliste se produira ainsi au cours des années 1920 et agira comme autant d’éléments fédérateurs entre Arméniens et Kurdes, grands « perdants » de l’ère kémaliste. Ces rébellions commenceront par de modestes insurrections, comme celle de Koçgiri en 1920 et culmineront par la proclamation de la République de l’Ararat en 1927, dans la province de l’Ağrı, près de la frontière avec l’Arménie soviétique. Sans reconnaissance ou soutien étranger, toutefois, l’Etat kurde autoproclamé sera défait par les forces turques qui reprendront le contrôle de la région. Le mouvement kurde Xoybûn, un parti politique kurde fondé en août 1927 à Bihamdun, au Liban, sera à l’origine de cette rébellion ; un leader révolutionnaire arménien, Vahan Papazyan, membre de l’ARF, participera au congrès fondateur du mouvement « comme symbole de l’alliance entre Arméniens et Kurdes » [6], initiant une coopération qui aboutira en l’envoi de plusieurs contingents de combattants arméniens sur le mont Ararat [7].

D’autres rébellions kurdes continueront de se produire au cours du XXème siècle, avec l’appui ou, du moins, la bienveillance de certains mouvements arméniens, notamment l’ARF. L’insurrection la plus violente reste celle, encore active aujourd’hui, du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Fondé en 1978, et entré ouvertement en guerre contre l’Etat turc en 1984, le conflit kurdo-turc a causé la mort de plus de 40 000 personnes [8] et accru une fracture déjà très forte entre population turque et communauté kurde.

2. Les relations kurdo-arméniennes depuis l’avènement du PKK

Le 31 mai 1994, une photo du fondateur de leader du PKK Abdullah Öcalan [9], posant aux côtés d’Ibrahim Yohanna, évêque syriaque orthodoxe d’Alep, sera utilisée par les journaux turcs Tercüman et Sabah pour prouver, selon eux, le soutien et la collaboration de la communauté arménienne au PKK [10]. Malgré plusieurs articles de journaux kurdes réfutant ces accusations, notamment le quotidien Özgür Ülke [11], les médias pro-turcs parviendront à entretenir l’idée d’une collaboration kurdo-arménienne contre l’Etat turc ; ils affirmeront également, en plusieurs occasions, que l’Arménie a accueilli plusieurs camps d’entraînement du PKK - ce qui, aujourd’hui encore, reste improuvé. Le journal anglophone turc Turkish Daily News affirmait ainsi le 16 avril 1998 que l’Arménie abritait sept camps du PKK, tandis que le Ministre azerbaïdjanais de la Défense affirmait en 1999 que 200 combattants du PKK étaient entraînés dans les territoires occupés par l’Arménie en Azerbaïdjan [12].

Certains Kurdes s’identifieront aux Arméniens dans leur lutte contre l’Etat turc, en mémoire des insurrections arméniennes de la fin du XIXème siècle au sein de l’Empire ottoman. Dans une démarche de rapprochement accru, le PKK reconnaîtra d’ailleurs le génocide arménien le 10 avril 1988 et s’excusera, au nom du peuple kurde, pour l’implication toute particulière des forces irrégulières kurdes dans les massacres [13]. Plusieurs séminaires ont par ailleurs été organisés par des groupes kurdes et arméniens sur les thématiques du génocide et de l’oppression turque [14].

Au-delà d’une coopération idéologique ou militante entre groupes arméniens et kurdes, les relations entre ces mouvements s’est parfois traduite par une collaboration opérationnelle : dans les années 1980, le PKK s’alliera ainsi avec l’Armée secrète arménienne de libération de l’Arménie (ASALA), une organisation marxiste-léniniste dont l’objectif principal était de « contraindre le gouvernement turc à reconnaitre publiquement sa responsabilité avérée dans la mort de 1,5 million d’Arméniens en 1915, de payer des compensations à l’Arménie et aux familles et de céder une partie de son territoire à l’Arménie » [15].

Le PKK et l’ASALA organiseront ainsi une conférence de presse conjointe le 8 avril 1980 à Sidon, au Liban, durant laquelle ils annonceront leur alliance [16] ; celle-ci résultera en plusieurs attaques coordonnées à l’encontre d’enclaves diplomatiques turques en Europe, notamment à Strasbourg le 9 novembre 1980 et à Rome le 19 novembre de la même année [17]. L’invasion israélienne en 1982 du Liban, où le PKK et l’ASALA disposaient de l’essentiel de leurs camps, déstabilisera les deux mouvements, provoquant une suspension initialement temporaire de leur collaboration qui, finalement, ne sera jamais relancée [18].

Aujourd’hui, une petite communauté kurde de 40 000 personnes [19] (soit 1,35% de la population arménienne) vit en Arménie ; les nombreux nettoyages ethniques menés sous l’Union soviétique, notamment en 1937, ont provoqué de nombreuses émigrations forcées [20]. Autrefois substantielle, la population kurde d’Arménie s’est ainsi fortement amoindrie et se concentre en très grande majorité à l’ouest du pays, en particulier dans la province d’Aragatsotn et d’Armavir.

L’Arménie compte par ailleurs, aujourd’hui, une communauté yézidie forte d’environ 35 000 individus selon des statistiques réalisées par les autorités arméniennes lors du dernier recensement [21] en 2011 [22] ; ces Yézidis sont régulièrement confondus avec les Kurdes en raison, d’une part, de la kurdicité de certains des membres de la communauté yézidie en Arménie - dont ils restent toutefois majoritairement distincts -, mais aussi en raison de la confusion entre les deux minorités dans les statistiques réalisées par l’Union soviétique jusqu’en 1989 [23]. Aujourd’hui, les autorités arméniennes distinguent dans leur recensement décennal les ethnies yézidies et kurdes (en plus des Arméniens, des Russes, des Assyriens, des Ukrainiens, des Grecs, des Géorgiens, des Perses et des catégories « Autres » et « Refus de répondre ») [24].

Bien qu’entretenant sciemment leurs singularismes ethniques et religieuses, les Yézidis s’avèrent très bien intégrés dans la société arménienne qui les accepte volontiers ; le plus grand temple yézidi du monde a par exemple été inauguré le 30 septembre 2019 dans le village d’Aknalich, à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Erevan [25]. Une radio située à Erevan (« Denge Erivan », « la voix d’Erevan ») émet par ailleurs quotidiennement en kurde tandis que le quotidien communiste kurde arménien Riya Teze (« la Nouvelle Route »), est l’un des plus anciens journaux kurdes encore en activité aujourd’hui [26].

Conclusion

Kurdes et Arméniens entretiennent ainsi une relation singulière, dont la nature tient en grande partie au traitement dont ils feront l’objet sous l’Empire ottoman, puis sous la République kémaliste. Oppresseurs des Arméniens durant une vingtaine d’années, les Kurdes subiront rapidement, à leur tour, l’oppression de l’Etat turc qui rapprochera ainsi, involontairement, ces deux peuples. Leur amitié, ou en tous cas leur bienveillance réciproque, s’exprime toujours aujourd’hui, comme l’a montré la participation de nombreux Kurdes aux manifestations arméniennes organisées en Europe à la suite de l’offensive azérie dans le Haut-Karabakh fin 2020.

A lire sur Les clés du Moyen-Orient :
 L’insurrection de Koçgiri (1920-1921), ou la première esquisse d’un Etat kurde indépendant. Une première grande révolte nationaliste kurde (2/2)
 Traité de Lausanne
 Il y a 100 ans, le 10 août 1920, le Traité de Sèvres était signé
 Présence militaire turque au Levant : le leitmotiv kurde
 Création d’une nouvelle alliance politique kurde en Syrie : vers une unification des Kurdes syriens ?

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https://www.dailysabah.com/politics/war-on-terror/armenia-transfers-ypgpkk-terrorists-to-occupied-area-to-train-militias-against-azerbaijan
 Batı basını Sultan Abdülhamid’e karşı böyle propaganda yapmıştı, Düunya Bülteni, 21/07/2013
https://www.dunyabulteni.net/tarihten-olaylar/bati-basini-sultan-abdulhamide-karsi-boyle-propaganda-yapmisti-h268099.html
 Le fantôme du génocide arménien hante les Kurdes, Le Temps, 12/04/2015
https://www.letemps.ch/monde/fantome-genocide-armenien-hante-kurdes
 Reviving a Forgotten Threat : The PKK in Nagorno-Karabakh, The JamesTown Foundation, 20/12/2007
https://jamestown.org/program/reviving-a-forgotten-threat-the-pkk-in-nagorno-karabakh/
 Armenia to House World’s Largest Yazidi Temple, RefWorld, 06/07/2016
https://www.refworld.org/docid/5790d0834.html
 Biggest Yazidi Temple in the World Opens in Armenia, Mirror-Spectator, 07/09/2019
https://mirrorspectator.com/2019/11/07/biggest-yazidi-temple-in-the-world-opens-in-armenia/

Publié le 24/03/2023


Emile Bouvier est chercheur indépendant spécialisé sur le Moyen-Orient et plus spécifiquement sur la Turquie et le monde kurde. Diplômé en Histoire et en Géopolitique de l’Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, il a connu de nombreuses expériences sécuritaires et diplomatiques au sein de divers ministères français, tant en France qu’au Moyen-Orient. Sa passion pour la région l’amène à y voyager régulièrement et à en apprendre certaines langues, notamment le turc.


 


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