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Iran/États-Unis : un affrontement inévitable ?

Par Emile Bouvier
Publié le 13/02/2026 • modifié le 13/02/2026 • Durée de lecture : 10 minutes

De fait, si le président Donald Trump insiste pour le moment sur la nécessité de conduire ces négociations et de tenter de trouver un accord pacifiquement plutôt que par la force, chaque protagoniste renforce ses capacités militaires respectives et se prépare à un affrontement potentiellement majeur. En effet, la République islamique n’a pas fait mystère de sa détermination à poursuivre l’enrichissement de son uranium [1] en dépit des menaces américaines, tandis que les autorités israéliennes communiquent régulièrement leur scepticisme à l’égard des négociations [2]. Un affrontement entre l’Iran d’un côté et, de l’autre, des États-Unis et d’Israël, apparaît-il donc inévitable ?

Cet article entend dès lors dresser un point de situation, trois semaines après le dernier état des lieux dressé par Les clés du Moyen-Orient, en abordant tout d’abord la question des négociations américano-iraniennes (I) et de la pression exercée à l’encontre de l’Iran par les États-Unis et Israël (II) ; face au risque que les négociations échouent, les États-Unis se préparent à une guerre éventuelle (III), tout comme l’Iran (IV).

I. Le contenu des négociations

Si les prises de position du président américain en faveur des manifestants iraniens (pour rappel, il menaçait l’Iran de représailles militaires en cas d’exécutions de militants [3]) ont été largement médiatisées, celles-ci ne doivent pas, néanmoins, éluder le contexte dans lequel elles s’inscrivaient : des négociations avec le régime des mollahs relatives au programme nucléaire iranien qui, après des débuts relativement prometteurs début 2025, avaient été interrompues par la « guerre des douze jours » [4] entre Téhéran et Tel Aviv en juin 2025, avant d’initier une timide volonté de reprise en fin d’année, la Maison-Blanche déclarant se tenir prête à conclure un accord avec l’Iran [5]. Les exigences américaines, jugées irrecevables du fait de leur caractère « maximaliste » (sic) par les autorités iraniennes - il était notamment question d’un démantèlement complet du programme nucléaire et balistique iranien -, auraient empêché, selon Téhéran, une reprise des négociations. Ces dernières étaient d’autant plus souhaitées par Washington que les services de renseignement israéliens eux-mêmes ont admis en septembre que, contrairement aux affirmations du président américain [6], le programme nucléaire iranien n’avait pas été entièrement détruit [7].

Finalement, après de nombreuses menaces américaines comme celles exposées dans le précédent point de situation publié par Les clés du Moyen-Orient, et non sans que l’Iran se soit assuré, le 21 janvier, d’avoir terminé de mater les manifestations qui ébranlaient le régime [8], les négociations ont officiellement repris le 6 février dans la capitale omanaise Mascate, lieu de médiation désormais traditionnel - mais indirect, les Iraniens refusant toujours de s’adresser directement à des Américains [9] - pour Washington et Téhéran. Si l’état d’esprit général n’était pas à l’optimisme, la volonté de mener des négociations semblait, elle, sincère : tandis que le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio déclarait que « Je ne suis pas sûr que vous puissiez parvenir à un accord avec ces gars-là, mais on va essayer de le découvrir » [10], le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi déplorait « une atmosphère de défiance » mais exhortait les deux parties à la « surmonter » afin de trouver un accord [11]. Finalement, le lendemain, les deux parties ont admis que ces discussions avaient été « un bon début » [12] et qu’elles s’engageaient, après consultation auprès de leurs autorités respectives, à se retrouver prochainement pour un deuxième cycle de négociations [13]. La date du deuxième cycle des négociations n’a pas encore été arrêté mais devrait se tenir potentiellement la semaine prochaine, selon des propos du président américain [14].

Si le contenu exact des négociations n’a pas été rendu public, il a transparu malgré tout (des différentes déclarations iraniennes, américaines, omanaises mais aussi turques [15] entre autres choses) que l’Iran a souhaité porter les discussions exclusivement sur le nucléaire, se montrant ouvert à des concessions en la matière mais refusant, en revanche, de revenir sur son programme balistique, le qualifiant de « non-négociable » [16]. Sur le nucléaire toutefois, l’Iran a proposé de diluer [17] son uranium hautement enrichi, moyennant la levée des sanctions américaines à son encontre [18]. En guise de bonne volonté, mais aussi, selon certains analystes, pour discréditer davantage toute attaque américaine, le président iranien a annoncé que l’Iran se tenait prêt à ouvrir ses sites nucléaires « à toute vérification » afin de prouver qu’il ne cherchait pas à se doter d’armes atomiques [19].

II. Une forte pression américano-israélienne

Les États-Unis entendent, dans tous les cas, continuer à exercer une forte pression contre l’Iran : le surlendemain des négociations à Mascate, Washington annonçait par exemple une nouvelle vague de sanctions contre les exportations pétrolières iraniennes, tout en poursuivant ses menaces d’opérations militaires sur le sol iranien [20] et s’attachant à contrecarrer, autant que possible, l’influence iranienne en Irak en s’immisçant dans le processus de formation du gouvernement irakien [21]. Par ailleurs, le 13 février, le président américain Donald Trump annonçait que l’Iran et les États-Unis devaient parvenir à un accord d’ici le mois à venir, au risque pour Téhéran de devoir faire face à des conséquences « très traumatisantes » (sic) [22] ; une réaction probable à la déclaration, la veille, du président iranien Masoud Pezeshkian qui a averti que son pays « ne céderait pas aux exigences excessives [des États-Unis] » [23].

Le souhait de la Maison-Blanche d’obtenir un accord pacifique plutôt que par la force apparaît, pourtant, sincère : reçu le 12 février par Donald Trump, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, éminemment sceptique sur l’issue des négociations et partisan de la méthode forte avec Téhéran, a affirmé que le président américain était convaincu de pouvoir trouver un « bon accord » avec les Iraniens [24], mais qu’il se réservait le droit de conduire des opérations militaires si, d’aventure, un accord n’était pas trouvé. Une telle perspective apparaît loin d’être improbable : le jour même des négociations à Mascate, les responsables de la prière du vendredi ont par exemple utilisé leur sermon pour rejeter la légitimité des discussions et exprimer leur pessimisme marqué quant à l’issue de ces derniers [25] ; un message loin d’être isolé ou accidentel, puisque les sermons de la prière du vendredi sont rédigés par un siège central supervisé directement par le bureau du Guide suprême Ali Khamenei et distribué la veille aux imams à travers l’intégralité de l’Iran.

De fait, le pessimisme, légitime ou non, entourant l’issue des négociations pousse les belligérants à se préparer à un affrontement potentiellement majeur.

III. Des préparatifs militaires américains continus

Comme évoqué dans le précédent article des Clés du Moyen-Orient consacré au sujet, les États-Unis ont déployé au Moyen-Orient, fin janvier 2026, un groupe aéronaval - constitué notamment du porte-avions USS Abraham Lincoln - afin d’appuyer les menaces militaires de la Maison-Blanche à l’égard de l’Iran, tout en procédant à divers ajustements militaires dans la région, telle que l’évacuation préventive d’une partie du personnel non-essentiel de la base américaine d’Al-Uleid, au Qatar, que l’Iran avait déjà frappée à l’été 2025 [26]. Le 28 janvier, le président américain affirmait par ailleurs qu’« il y a une autre grande flotte de guerre qui navigue magnifiquement vers l’Iran en ce moment » [27], sans davantage de détails et sans, dans les jours qui ont suivi, que des précisions ne permettent d’étayer cette affirmation.

Si la nature de cette « grande flotte de guerre » reste encore à définir à l’heure actuelle, il n’en demeure pas moins que les États-Unis ont, depuis le déploiement de l’USS Abraham Lincoln, procédé à un étoffement substantiel de leurs moyens militaires au Moyen-Orient : divers bâtiments de guerre [28], tels que le destroyer USS Truxtun [29], ont été progressivement envoyés en renfort dans la région. Concomitamment à ce déploiement naval, les capacités aériennes américaines ont été accrues par l’envoi de nombreux appareils de combat depuis des bases aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Espagne [30] - notamment des avions F-15 Strike Eagles - au sein des diverses emprises militaires dans la région [31], mais aussi par l’envoi d’appareils alliés : des Eurofighter Typhoon britanniques ont par exemple été déployés sur la base d’al-Uleid le 27 janvier [32]. Au sein des bases américaines elles-mêmes, les dispositifs défensifs, en particulier ceux conçus pour intercepter des missiles, ont également fait l’objet d’un net renforcement [33]. Plus récemment encore, Donald Trump a confirmé le 11 février qu’il avait ordonné le déploiement d’un deuxième groupe aéronaval au Moyen-Orient [34], cette fois articulé autour de l’USS George H. W. Bush [35]. Bien plus confidentiels, les préparatifs militaires israéliens vont aussi bon train et se concentrent, essentiellement, sur des opérations aériennes en territoire iranien [36].

IV. Une armée iranienne déterminée

De son côté, l’Iran se prépare aussi à un affrontement avec les États-Unis et Israël, tant dans sa considération défensive qu’offensive. D’un point de vue défensif, les forces iraniennes se seraient par exemple employées à fortifier divers complexes militaires à proximité de ses installations nucléaires, notamment à proximité du mont Kolang Gaz La [37] ; le président iranien a par ailleurs délégué une certaine autorité aux gouverneurs des provinces frontalières iraniennes, leur permettant d’importer des biens essentiels, notamment de la nourriture, en cas de guerre [38], tandis que la mairie de Téhéran a commencé à convertir des infrastructures publiques - stations de métro, parkings souterrains… - en abris pour les civils [39].

Du point de vue offensif, l’Iran entend pousser à son avantage la guerre asymétrique : consciente de l’impossibilité, pour l’armée iranienne, de l’emporter sur une armée comme celle des États-Unis - de surcroît si elle se trouve renforcée par les Israéliens -, l’armée iranienne a développé une doctrine visant à infliger, à moindre coût pour l’Iran, des dégâts militaires à très forte portée politique et financière pour les États-Unis. Le développement à marche forcée des drones kamikazes Shahed - dont la Russie est, actuellement, la plus grande utilisatrice dans le monde dans le cadre de sa guerre contre l’Ukraine - et des missiles balistiques s’inscrivent dans cette lignée : la mort de soldats américains, même en nombre limité, sera payé très cher politiquement par Donald Trump aux États-Unis, expliquant d’ailleurs en partie sa volonté de trouver une issue politique à la crise irano-américaine. L’Iran a ainsi affirmé son intention, en cas d’attaque des États-Unis, de frapper les bases américaines dans la région [40] : si la plupart des munitions iraniennes seront interceptées en vol, la poignée de drones et de missiles qui atteindront leur cible seront suffisantes pour infliger les dommages humains, et donc politiques, désirées par Téhéran. Cette stratégie explique donc pourquoi les autorités iraniennes se seraient employées à réparer en priorité les sites de lancement de missiles balistiques plutôt que leurs installations nucléaires, à la suite de la « guerre des douze jours » [41] ; de même, les autorités iraniennes ont annoncé, dans le cadre de leur préparation à la guerre, la livraison d’un nouveau millier de drones aux forces armées de la République islamique [42].

De fait, en dépit des négociations en cours, les tensions militaires sont de plus en plus palpables : le 3 février, six vaisseaux de la Marine du Corps des gardiens de la Révolution islamique ont tenté d’arrêter et de saisir un pétrolier américain dans le détroit d’Ormuz, avant que celui-ci ne soit escorté par le destroyer américain USS McFaul [43]. Le même jour, un appareil de combat F-35C américain a abattu un drone iranien qui, selon les déclarations des autorités militaires américaines, « s’approchait agressivement » de l’USS Abraham Lincoln [44].

Conclusion

Que penser, aujourd’hui, de l’éventualité d’une guerre entre les Etats-Unis et l’Iran ? Donald Trump se trouve en effet aujourd’hui face à un dilemme : alors que l’intégralité des pays de la région - à l’exception d’Israël - l’appelle à ne pas attaquer afin de ne pas déstabiliser à nouveau un Moyen-Orient encore fortement ébranlé par les nombreuses crises de ces derniers mois, le président américain, selon l’opposition américaine, a déjà perdu en crédibilité [45] en ne conduisant pas de frappes contre l’Iran alors que des rapports démontraient combien la répression des manifestations était meurtrière ; aujourd’hui, les nombreuses menaces militaires du président américain, qui n’ont pas été mises en application pour le moment, continuent d’entretenir l’incertitude entourant la détermination réelle du président à conduire des opérations militaires contre l’Iran en cas d’échec à obtenir un accord [46]. Fait éloquent, le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, pourtant hostile à une guerre irano-américaine, aurait déclaré lui-même le 31 janvier, en off, « qu’à ce stade, [Donald Trump] devrait prendre une action militaire contre l’Iran […] ; si cela ne se produit pas, cela ne fera que renforcer le régime » [47]. Si l’échéance d’un mois pour trouver un accord, fixée par le président américain, peut sembler s’apparenter à un ultimatum, elle offre en réalité un grand confort de temps, tant à Washington qu’à Téhéran, pour faire aboutir leurs négociations autant que pour se préparer à une guerre de longue durée. Les résultats du prochain cycle de négociations, la semaine prochaine, seront donc certainement observés avec une attention toute particulière.

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Sitographie :
 Iran again rules out giving up uranium enrichment, suggests US not taking talks seriously, The Times of Israel, 08/02/2026 https://www.timesofisrael.com/iran-again-rules-out-giving-up-uranium-enrichment-suggests-us-not-taking-talks-seriously/
 Returning to Israel, skeptical Netanyahu says Trump sees ’possible good deal’ with Iran, The Times of Israel, 12/02/2026 https://www.timesofisrael.com/returning-to-israel-skeptical-netanyahu-says-trump-sees-possible-good-deal-with-iran/
 Iran crackdown intensifies as Trump threatens to intervene, Le Monde, 03/01/2026 https://www.lemonde.fr/en/international/article/2026/01/03/iran-crackdown-intensifies-as-trump-threatens-to-intervene_6749036_4.html
 Looking back : Israel-Iran 12-day war - direct conflict breaks out between arch-enemies
France 24, 26/12/2025 https://www.france24.com/en/middle-east/20251226-looking-back-israel-iran-12-day-war-direct-conflict-breaks-out-between-arch-enemies
 Trump says ready for deal with Iran when Tehran is, Reuters, 13/10/2025 https://www.reuters.com/world/middle-east/trump-says-ready-deal-with-iran-when-tehran-is-2025-10-13/
 Israeli intelligence admits Iran’s nuclear program has not been destroyed, Le Monde, 13/09/2025 https://www.lemonde.fr/en/international/article/2025/09/13/israeli-intelligence-admits-iran-s-nuclear-program-has-not-been-destroyed_6745348_4.html
 Iran protests crushed, The New York Times, 21/01/2023 https://www.nytimes.com/2026/01/21/world/middleeast/iran-protests-crushed.html
 Iran and US set for talks in Oman over nuclear program, NPR, 06/02/2026 https://www.npr.org/2026/02/06/g-s1-108952/iran-and-us-set-for-talks-in-oman-over-nuclear-program
 Talks with US set to continue after ’good beginning’, Iran’s foreign minister says, BBC, 06/02/2026 https://www.bbc.co.uk/news/articles/cr57g1y8286o
 What is going on with Iran-US talks ?, RFI, 02/02/2026 https://www.rfi.fr/en/international-news/20260212-what-is-going-on-with-iran-us-talks
 Turkey’s foreign minister says the US, Iran showing flexibility on nuclear deal - FT
Reuters, 12/02/2026 https://www.reuters.com/world/middle-east/turkeys-foreign-minister-says-the-us-iran-showing-flexibility-nuclear-deal-ft-2026-02-12/
 Iran says missile programme ’non-negotiable’ as Tehran, Washington eye talks, Al Jazeera, 11/02/2026 https://www.aljazeera.com/news/2026/2/11/iran-says-missile-programme-non-negotiable-as-tehran-washington-eye-talks
 Iran offers concessions on nuclear program, Arab News, 10/02/2026 https://www.arabnews.com/node/2632421/middle-east
 Iran nuclear talks : fragile resumption of discussions between Washington and Tehran, 
Le Monde, 08/02/2026 https://www.lemonde.fr/en/international/article/2026/02/08/iran-nuclear-talks-fragile-resumption-of-discussions-between-washington-and-tehran_6750267_4.html
 Trump sets one-month deadline for Iran deal, Middle East Online, 13/02/2026
https://middle-east-online.com/en/trump-sets-one-month-deadline-iran-deal
 Iran : une partie du personnel de la base américaine d’al-Udeid au Qatar sommée d’évacuer, Le Figaro, 14/01/2026 https://www.lefigaro.fr/international/iran-une-partie-du-personnel-de-la-base-americaine-d-al-udeid-au-qatar-sommee-d-evacuer-20260114
 US sends additional warship to Middle East amid Iran tensions, Reuters, 29/01/2026 https://www.reuters.com/world/middle-east/us-sends-additional-warship-middle-east-amid-iran-tensions-2026-01-29/
 Destroyer USS Truxtun to deploy as Navy maintains warship build-up in Southern, Central Commands, USNI News, 02/02/2026 https://news.usni.org/2026/02/02/destroyer-uss-truxtun-to-deploy-as-navy-maintains-warship-build-up-in-southern-central-commands
 F-35A stealth fighters moving closer to Middle East as U.S. military buildup continues
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 Pentagon deploys F-15s to Middle East as Trump warns Iran, Air & Space Forces Magazine, 20/01/2026 https://www.airandspaceforces.com/pentagon-f-15s-middle-east-trump-iran/
 How Britain could be embroiled in US attack on Iran, Middle East Eye, 27/01/2026 https://www.middleeasteye.net/news/how-britain-could-be-embroiled-us-attack-iran
 Patriot missiles, stratotankers, C-17s : Satellite photos reveal massive US military build-up near Iran, The Times of India, 11/02/2026 https://timesofindia.indiatimes.com/defence/international/patriot-missiles-stratotankers-c-17s-satellite-photos-reveal-massive-us-military-build-up-near-iran/articleshow/128191977.cms
 US readying another aircraft carrier for Middle East deployment : Trump, Al Jazeera, 12/02/2026 https://www.aljazeera.com/news/2026/2/12/us-readying-another-aircraft-carrier-for-middle-east-deployment-trump
 Pentagon prepares second aircraft carrier to deploy to the Middle East, The Wall Street Journal, 11/02/2026 https://www.wsj.com/politics/national-security/pentagon-prepares-second-aircraft-carrier-to-deploy-to-the-middle-east-e7140a64
 Iran delegates import powers as US war threats keep economy unstable
Al Jazeera, 28/01/2026 https://www.aljazeera.com/news/2026/1/28/iran-delegates-import-powers-as-us-war-threats-keep-economy-unstable
 Tehran to convert metro stations, parking lots into ’war shelters’ as US threat looms – report, The Jerusalem Post, 29/01/2026 https://www.jpost.com/middle-east/iran-news/article-884973
 If US attacks, Iran says it will strike US bases in region, Reuters, 07/02/2026 https://www.reuters.com/world/middle-east/if-us-attacks-iran-says-it-will-strike-us-bases-region-2026-02-07/
 Iran moved faster to repair missile sites than nuclear facilities – NYT, Iran International, 06/02/2026 https://www.iranintl.com/en/202602062267
 Iran’s army receives batch of 1,000 drones, Tasnim reports Reuters, 29/01/2026 https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/irans-army-receives-batch-1000-drones-tasnim-reports-2026-01-29/
 Armed boats attempt to intercept vessel in Strait of Hormuz, UKMTO says, Reuters, 03/02/2026 https://www.reuters.com/world/armed-boats-attempt-intercept-vessel-strait-hormuz-ukmto-says-2026-02-03/
 Trump warns Iran delays on strikes red line, debate echoes Obama’s Syria moment
Fox News, 04/02/2026 https://www.foxnews.com/politics/trump-warns-iran-delays-strikes-red-line-debate-echoes-obamas-syria-moment
 Iran-US negotiations under Trump, CNN, 06/02/2026 https://edition.cnn.com/2026/02/06/politics/iran-us-negotiations-trump-analysis
 Saudi defense minister says Trump should take military action against Tehran, according to Axios, L’Orient-Le Jour, 31/01/2026 https://today.lorientlejour.com/article/1493429/saudi-defense-minister-says-trump-should-take-military-action-against-tehran-according-to-axios.html

Publié le 13/02/2026


Emile Bouvier est chercheur indépendant spécialisé sur le Moyen-Orient et plus spécifiquement sur la Turquie et le monde kurde. Diplômé en Histoire et en Géopolitique de l’Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, il a connu de nombreuses expériences sécuritaires et diplomatiques au sein de divers ministères français, tant en France qu’au Moyen-Orient. Sa passion pour la région l’amène à y voyager régulièrement et à en apprendre certaines langues, notamment le turc.


 


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