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L’intelligence artificielle, nouvel or noir du Moyen-Orient (3/4). Une course aux infrastructures dédiées à l’IA

Par Michel Isidore
Publié le 09/04/2026 • modifié le 09/04/2026 • Durée de lecture : 12 minutes

I. Les centres de données, pièces maîtresses du développement d’une IA souveraine et compétitive

Comme expliqué dans la première partie de cet article, les centres de données sont fondamentaux dans le développement et l’exploitation de l’intelligence artificielle : ce sont eux qui concentrent la puissance de calcul, le stockage massif de données et l’infrastructure réseau nécessaires pour entraîner, déployer et faire fonctionner des modèles d’intelligence artificielle à grande échelle. Concrètement, un centre de données est un bâtiment de taille variable - mais souvent vaste : le projet « Stargate », aux Émirats arabes unis, devrait s’étendre sur 26 km², soit l’équivalent d’un quart de la surface de la ville de Paris [1] - abritant des baies de serveurs interconnectés, appuyés par des unités de stockage haute performance pour alimenter rapidement les modèles d’IA en données. L’ensemble est soutenu par une infrastructure électrique lourde (transformateurs, onduleurs, générateurs de secours…) et des systèmes de refroidissement avancés, indispensables pour dissiper la chaleur produite par ces équipements à forte densité énergétique.

Il convient de souligner, en préambule de cette sous-partie, que les centres de données n’ont pas été créés, ni ne sont créés, uniquement pour l’intelligence artificielle ; les moteurs de recherche traditionnels, le stockage d’informations en ligne (les « cloud ») et, de manière générale, la plupart de nos utilisations quotidiennes d’Internet et d’outils connectés, nécessitent des centres de données. Leur essor inédit ces dernières années, en particulier aux États-Unis, en Asie, en Europe et au Moyen-Orient, s’explique toutefois en très grande partie par celui de l’IA et des ambitions basées sur cette nouvelle technologie. Posséder un centre de données revêt en effet plusieurs intérêts pour le pays propriétaire : outre la création de capacités de calcul/stockage toujours plus fortes pour le développement de l’IA locale, le centre de données porte un enjeu de souveraineté et de sécurité nationale, tout en accroissant l’attractivité du pays hôte : outre l’écosystème accompagnant la création d’un centre de données (attraction d’emplois hautement qualifiés, de « jeunes pousses » et d’entreprises…), il offre aussi la possibilité de louer une partie de la capacité de calcul/stockage : le centre de données « Stargate » déjà cité sera, par exemple, exploité en partie par divers acteurs privés caractérisés de « hyperscaleurs » (un exploitant de centres de données à très grande échelle), à l’instar de Nvidia, Cisco ou encore OpenAI [2].

II. Des centres de données toujours plus nombreux et puissants

Ainsi, au vu du rôle incontournable des centres de données dans le développement de l’IA et des atouts stratégiques que ces derniers leur octroient, les pays du Moyen-Orient ont entamé ces dernières années la construction de nombreuses infrastructures de ce type et y investissent des millions, voire des milliards de dollars : le projet émirien « Stargate » devrait coûter plus de trente milliards de dollars à construire [3] ; un autre projet à Dubai, en partenariat avec Microsoft and l’opérateur télécom émirien Du, devrait s’élever à 544 millions de dollars [4] ; le Fonds public d’investissement saoudien a annoncé en août dernier investir un total de 6 milliards de dollars dans les centres de données [5], entre autres nombreux exemples. A l’heure actuelle, trois grandes catégories de pays se distinguent en matière de centres de données. La première catégorie est occupée par Israël et la Turquie : ces deux pays disposent du plus grand nombre de centres de données de toute la région (respectivement 65 et 76 lors de la rédaction de cet article, en février 2026) en raison, pour le premier, de la précocité de son investissement dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication, gourmandes par nature en centres de données, qu’elles relèvent de l’IA ou non ; le deuxième, en raison de son rôle de plus grande puissance économique « structurelle » de la région (1323 milliards de dollars de PIB en 2024, contre 1237 pour l’Arabie saoudite, par exemple) et de l’étendue de son territoire, propice à la construction de centres de données. La deuxième catégorie est celle des pays de la péninsule arabique : si les 61 centres de données saoudiens et les 57 émiriens les placent, de loin, dans le quadrumvirat des pays moyen-orientaux disposant du plus grand nombre de ces infrastructures avec Israël et la Turquie (seul l’Iran, avec ses vingt centres de données, vient ensuite), l’étude du nombre de centres de données rapporté à la surface du territoire de chacun de ces pays permet de donner un bon aperçu de leur résolution à se doter d’un réseau infrastructurel compétitif : en effet, comme le montre la carte ci-dessous, Bahreïn (1045 centres/100 000km²), Israël (293,5), le Qatar (95) et les Émirats arabes unis (68,2) sont, de loin, les pays accueillant le plus grand nombre de centres de données proportionnellement à la taille de leur territoire ; l’Arabie saoudite et la Turquie, pourtant parmi les pays disposant du plus grand nombre absolu de centres de données de la région, figurent ici, finalement, comme moins ambitieux que leurs concurrents précédemment cités au vu de l’ampleur de leurs territoires : ces deux pays possèdent respectivement 2,8 et 9,7 centres par 100 000 km² :

Toutefois, en tant que tel, le nombre de centres de données ne préjuge pas nécessairement de leur puissance et de leur capacité réelle de travail, mesurée en gigawatts (GW) : ainsi la Turquie, qui dispose d’un nombre supérieur de centre de données comparé à celui des Émirats arabes unis (neuf en plus), n’affiche-t-elle qu’une capacité totale de 160 MW [6], soit une somme plus de deux fois inférieure au 414 MW dont disposent les Émirats arabes unis [7]. De fait, les centres de données modernes sont de plus en plus efficaces, et de plus en plus ambitieux dans leur ampleur : le projet de centre « Stargate » évoqué supra, annoncé le 16 mai 2025 par les Émirats arabes unis, devrait voir le jour en 2026 et produire un total de 5GW [8]. Comme le montre le graphe ci-dessous, les projets ainsi lancés par les pays de la région, et en particulier l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, devraient les propulser, d’ici 2030, en tête des pays disposant de la plus grande capacité offerte par leurs centres de données : si un pays comme la France caracole aujourd’hui devant l’intégralité des pays de la région, elle devrait être dépassée d’ici 2030 par Riyad (capacité trois fois supérieure selon les estimations), Abou Dhabi (plus de deux fois supérieure) et Doha (un peu moins d’1,5 fois supérieure) :

III. Des besoins énergétiques colossaux

Le développement de l’intelligence artificielle nécessite l’érection d’infrastructures aussi colossales car ses besoins énergétiques sont, eux aussi, colossaux : la consommation d’électricité et d’eau requise pour chaque requête réalisée auprès d’une IA générative comme ChatGPT est ainsi, en moyenne, quatre à cinq fois supérieure qu’une requête sur un moteur de recherche ordinaire : autrement dit, quinze requêtes émettraient autant de CO2 qu’une heure de visionnage d’une vidéo sur Internet, et 139 requêtes généreraient autant d’émissions qu’un cycle entier de lave-linge [9] : rapportés au 2,5 milliards de requêtes quotidiennes que comptabilise ChatGPT à lui tout seul [10] (et qui ne tiennent donc pas compte des requêtes effectuées auprès de ses concurrents Claude, Mistral, Perplexity, Copilot, Gemini, DeepSeek…) ces chiffres donnent un ordre d’idée de la consommation galopante en énergie de l’intelligence artificielle. A titre de comparaison, la consommation électrique à venir du projet « Stargate » aux Émirats arabes unis devrait être l’équivalent de la production énergétique de cinq réacteurs nucléaires fonctionnant simultanément [11]. La pollution induite par le fonctionnement des infrastructures mobilisées pour l’intelligence artificielle donne également une unité de mesure intéressante des besoins énergétiques de cette technologie : en 2025, les activités liées à l’IA (entraînement et utilisation notamment) auraient dégagé autant de dioxyde de carbone dans l’atmosphère que celui émis la même année par l’ensemble de l’emprise urbaine de New York [12].

La question de la disponibilité électrique, mais aussi du prix du kilowatt par heure (kWh) [13], est donc devenue autant un enjeu central de la construction des centres de données qu’une explication de l’aisance avec laquelle les pays de la région, et en particulier ceux du Golfe, se sont engagés dans la course à l’intelligence artificielle : le Moyen-Orient est l’une des régions du monde les plus pourvues en énergie, du fait de la présence de vastes champs d’hydrocarbures ayant fait sa richesse et, à bien des égards, son opulence ; ainsi, au contraire de régions comme l’Europe qui dépendait, en 2023, des importations pour 58,3% de sa consommation d’énergie [14], la région moyen-orientale et notamment celle du Golfe arabo-persique peuvent afficher une quasi-autosuffisance [15], gage autant d’une stabilité de l’approvisionnement énergétique que du faible coût de ce dernier. Ainsi, comme le montre le graphe ci-dessous, les pays du Moyen-Orient apparaissent comme les pays parmi ceux, dans le monde, disposant des plus faibles moyennes du prix de leur électricité en 2025 : le prix du KwH en France, par exemple, s’est élevé en moyenne à 0,27 dollars américains, contre 0,08 pour les Émirats arabes unis (soit un prix plus de trois fois inférieur), 0,05 pour l’Arabie saoudite (plus de cinq fois inférieur), ou encore 0,03 pour le Qatar (exactement neuf fois inférieur) :

Ce faible coût de l’électricité et sa forte disponibilité font, dès lors, du Moyen-Orient une région tout particulièrement attractive pour les investisseurs et acteurs de l’IA désireux de construire des centres de données ou d’en exploiter tout ou partie : l’Arabie saoudite, par exemple, n’a pas caché son désir d’accueillir les centres de données les moins chers du monde [16] ; elle reste toutefois concurrencée dans son ambition par les Émirats arabes unis qui, forts de leur possession de la seule centrale nucléaire de la péninsule arabique - la centrale de Barakah [17] -, peuvent compter sur une électricité abondante et non-carbonée ; Riyad entend toutefois lui emboîter prochainement le pas avec la centrale de Duwayhin [18] et s’est employé ces derniers mois à continuer de renforcer ses capacités de production énergétique et notamment électrique [19], tout comme les Émirats arabes unis qui ont annoncé la construction, en octobre dernier, de la première centrale photovoltaïque au monde capable de fournir de l’énergie en continu, jour et nuit, grâce à un immense système de stockage par batteries [20]. De fait, l’enjeu environnemental des centres de données apparaît comme une variable de plus en plus prégnante de l’équation géopolitique de l’IA, afin de promouvoir l’image d’une IA « durable » et s’inscrivant dans les préoccupations de son temps. Toutefois, si les pays de la région multiplient les annonces en ce sens, à l’instar des Émirats arabes unis qui ont construit le plus grand centre de données uniquement alimenté par de l’énergie solaire (le Moro Hub, à Dubaï), certification du Livre Guinness des Records à l’appui [21], les centres de données restent, dans leur très grande majorité, alimentés par de l’énergie carbonée, et donc polluante : en dépit d’innovations technologiques soutenues dans le domaine des énergies renouvelables, les centres de données ne peuvent normalement pas se passer a minima de turbines à gaz afin de fournir une quantité d’énergie suffisante durant les pics de consommation et/ou durant la nuit [22].

IV. L’enjeu sous-estimé de la connectivité et de la bande passante

Moins spectaculaires que l’érection de centres de données de plusieurs hectares, les infrastructures liées à la connectivité et à la qualité de la bande passante des pays du Moyen-Orient sont pourtant, elles aussi, au cœur de la course à l’intelligence artificielle : en effet, ces dernières sont essentielles à l’IA parce qu’elles permettent de transférer rapidement de grandes quantités de données entre utilisateurs, serveurs et modèles, condition indispensable pour entraîner, déployer et faire fonctionner efficacement les systèmes d’intelligence artificielle. Une connectivité et une bande passante de bonne qualité (mesurée notamment à la rapidité des transferts de données) permettent donc de gagner en compétitivité dans le domaine de l’IA. A l’inverse, un centre de données isolé du point de vue de la connectivité, même équipé du meilleur matériel de calcul possible, deviendra rapidement sous-optimal si les paquets de données qu’il va envoyer/recevoir doivent parcourir plusieurs continents lors de chacun de leurs trajets, ou si la rapidité de transfert de ces données est trop lente. Ainsi, mis à rude épreuve par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle, les réseaux de câbles de données ont besoin d’une modernisation et d’une expansion substantielle afin de faire face à la demande actuelle - et, surtout, à venir - en transferts de données liés à l’IA [23].

De fait, le Moyen-Orient entend, tout comme pour ses capacités énergétiques, se distinguer du reste du monde en la matière : sa position géographique, au carrefour de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique, lui confère en effet un atout majeur car, en dépit des évolutions technologiques dans le monde de la connectivité (fibre optique, etc.), la rapidité du transport des informations numériques reste encore tributaire, entre autres choses, de la distance géographique qu’elles ont à parcourir : plus l’unité émettrice est proche de l’unité réceptrice, moins l’information mettra du temps à être transmise et moins le temps de latence [24] sera élevé. Cette localisation idéale explique ainsi, en partie, le choix d’OpenAI et d’autres investisseurs du monde de l’IA de lancer la construction sur le territoire émirien du centre de données « Stargate » qui aura pour objectif d’atteindre « jusqu’à la moitié de la population mondiale » [25]. Ce choix est certainement justifié, parmi d’autres raisons, par la vitesse de connexion internet haut débit des Émirats arabes unis [26], deuxième pays le plus rapide du monde en la matière, juste après Singapour et devant la France. Israël, le Koweït et le Qatar suivent peu après, comme illustré par le graphe ci-dessous :

Les pays du Moyen-Orient, et notamment les Émirats arabes unis ainsi que l’Arabie saoudite, sont ainsi lancés dans une course « géo-numérique » les poussant à investir massivement [27] dans des infrastructures de connectivité à très haute capacité (en particulier les câbles sous-marins, les corridors terrestres de fibre et les points d’atterrissement [28]). Ces investissements ont deux objectifs : premièrement, permettre à ces pays d’accroître toujours plus leur compétitivité en matière d’intelligence artificielle ; deuxièmement, trouver des routes alternatives [29] à celles, historiques, concentrées autour de l’Égypte et de la mer Rouge, jugées vulnérables et donc instables en raison des différentes crises sécuritaires ayant secoué cette région ces dernières annéesFrappes américano-britanniques au Yémen : et maintenant ? et qui ont abouti, en plusieurs occasions, à la rupture de câbles sous-marins [30]. En ce début d’année 2026, plusieurs annonces sont venues illustrer la compétition saoudo-émirienne dans le domaine des câbles de données : le 16 février, un consortium irako-émirien a annoncé le 16 février un projet de 700 millions de dollars reliant les Émirats arabes unis à la Turquie via l’Irak, afin de créer un corridor alternatif entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe [31]. Ce projet a été rendu public à peine une semaine après que le groupe saoudien STC Group a annoncé avoir remporté un contrat de 800 millions de dollars pour le projet SilkLink, qui vise à construire un réseau de câbles en fibre optique de 4 500 km cumulés, ainsi que plusieurs centres de données et stations d’atterrissage sous-marines en Syrie [32], où les projets de reconstruction du pays battent de plus en plus leur plein depuis la chute de Bachar al-Assad. Ces annonces s’ajoutent à la liste, de plus en plus longue, des autres investissements ou projets d’investissements dans les infrastructures de connectivité ; citons par exemple la construction en cours du câble sous-marin Al Khaleej - reliant les Émirats arabes unis à Bahreïn, Oman et le Qatar -, branche d’un système reliant l’Asie du Sud-Est à l’Europe [33], ou encore la participation émirienne au projet Singapore-India-Gulf (SING) [34].

Comme décrit au cours des trois premières parties de cet article, les pays du Moyen-Orient, et notamment les États du Golfe, se trouvent donc bien plus portés que la moyenne mondiale pour l’intelligence artificielle et ses promesses, créant à marche forcée des écosystèmes politico-économiques favorables au développement de l’IA et investissant des milliards pour se doter d’infrastructures de pointe à même de satisfaire leurs ambitions en la matière. Si la course à l’intelligence artificielle ne fait, à bien des égards, que commencer, les efforts des pays du Moyen-Orient ont-ils payé ? Concrètement, quels succès la région a-t-elle connu en matière d’intelligence artificielle, et pour quelles applications concrètes ? C’est à ces questions que la quatrième et dernière partie de cet article va tâcher de répondre.

A lire sur Les clés du Moyen-Orient :
 Frappes américano-britanniques au Yémen : et maintenant ?
 Un an après le renversement de Bachar al-Assad, les affaires reprennent-elles en Syrie ?
 Maghreb et Moyen-Orient : production d’énergie solaire en 2022 et 2023
 Histoire des gazoducs et oléoducs au Moyen-Orient : les pipelines, véritables moteurs de rapprochement diplomatique (1/4). Les pipelines transfrontaliers en partance d’Irak et d’Arabie saoudite
 Émirats arabes unis : quel avenir pour les énergies renouvelables dans la pétromonarchie ?

Sitographie :
 OpenAI and UAE’s G42 to build massive AI data center in Abu Dhabi – ROIC.ai, 22 mai 2025, https://www.roic.ai/news/openai-and-uaes-g42-to-build-massive-ai-data-center-in-abu-dhabi-05-22-2025
 Introducing Stargate UAE – OpenAI, 2025, https://openai.com/index/introducing-stargate-uae/
 Stargate UAE data centre to cost more than $30bn, AI minister says – The National, 26 janvier 2026, https://www.thenationalnews.com/future/technology/2026/01/26/stargate-uae-data-centre-to-cost-more-than-30bn-ai-minister-says/
 Microsoft and du to develop $544m data center in the UAE – Data Center Dynamics, 2024, https://www.datacenterdynamics.com/en/news/microsoft-and-du-to-develop-544m-data-center-in-the-uae/
 Saudi Arabia’s $6B data center plan : Is the Middle East the next real estate frontier ? – Datacenters.com, 2024, https://www.datacenters.com/news/saudi-arabia-s-6b-data-center-plan-is-the-middle-east-the-next-real-estate-frontier
 Data centers and cloud services in Türkiye : opportunities for foreign tech companies – TR Business World, 20 novembre 2025, https://trbusinessworld.com/en/2025/11/20/data-centers-and-cloud-services-in-turkiye-opportunities-for-foreign-tech-companies/
 UAE Data Center Portfolio – Arizton, 2024, https://www.arizton.com/market-reports/uae-data-center-portfolio
 First 200 MW of UAE’s Stargate AI campus to come online next year – Reuters, 14 octobre 2025, https://www.reuters.com/business/media-telecom/first-200-mw-uaes-stargate-ai-campus-come-online-next-year-2025-10-14/
 The carbon footprint of ChatGPT : How much CO₂ does a query generate ? – Smartly.ai, 2024, https://smartly.ai/blog/the-carbon-footprint-of-chatgpt-how-much-co2-does-a-query-generate
 How Stargate UAE will redefine datacenter power – VAST Data, 2025, https://www.vastdata.com/sharedeverything/how-stargate-uae-will-redefine-datacenter-power
 AI boom driving huge CO₂ emissions and water use, research finds – The Guardian, 18 décembre 2025, https://www.theguardian.com/technology/2025/dec/18/2025-ai-boom-huge-co2-emissions-use-water-research-finds
 Climate TRACE releases March 2025 emissions data – Climate TRACE, mars 2025, https://climatetrace.org/news/climate-trace-releases-march-2025-emissions-data
 The Middle East’s next phase – Capacity Media, 2024, https://capacityglobal.com/news/the-middle-easts-next-phase/
 La dépendance énergétique européenne – Toute l’Europe, 2023, https://www.touteleurope.eu/environnement/la-dependance-energetique-europeenne-clone/
 Outlook for energy demand growth in the Middle East and North Africa – Middle East Institute, 2024, https://mei.edu/publication/outlook-energy-demand-growth-middle-east-and-north-africa-regional-supply-critical/
 Saudi Arabia wants to host the world’s cheapest data centres – The Economist, 17 décembre 2025, https://www.economist.com/science-and-technology/2025/12/17/saudi-arabia-wants-to-host-the-worlds-cheapest-data-centres
 Barakah nuclear power plants supply 57% of UAE… – Emirates News Agency (WAM), 2024, https://www.wam.ae/en/article/by7hbyb-barakah-nuclear-power-plants-supply-57-uae
 Emirates Group co-locates to world’s largest solar-powered data centre – Emirates Media Centre, 2024, https://www.emirates.com/media-centre/emirates-group-co-locates-to-worlds-largest-solar-powered-data-centre/
 UAE 2026 : What powers Microsoft’s $15 billion Abu Dhabi data centers – Forbes, 9 décembre 2025, https://www.forbes.com/sites/guneyyildiz/2025/12/09/uae-2026-what-powers-microsofts-15-billion-abu-dhabi-data-centers/
 AI boom strains global subsea cable networks… – FlagTel / Arabian Business, 2024, https://flagtel.com/arabian-business-ai-boom-strains-global-subsea-cable-networks-forces-operators-to-seek-new-ocean-routes/
 OpenAI Stargate datacenter details – Intuition Labs, 2025, https://intuitionlabs.ai/articles/openai-stargate-datacenter-details
 UAE ranks second globally for fixed broadband speed – SceneNow, 2024, https://scenenow.com/Buzz/UAE-Ranks-Second-Globally-for-Fixed-Broadband-Speed
 Big Tech AI underwater cables – CNBC, 8 novembre 2025, https://www.cnbc.com/2025/11/08/big-tech-ai-underwater-cables.html
 Red Sea subsea and the Middle East – Capacity Media, 2024, https://capacityglobal.com/news/red-sea-subsea-middle-east/
 What do we know about internet disruptions from cut subsea cables in the Red Sea ? – Euronews, 8 septembre 2025, https://www.euronews.com/next/2025/09/08/what-do-we-know-about-internet-disruptions-from-cut-subsea-cables-in-the-red-sea
 Iraqi-UAE consortium plans $700 million fast data cable network – Reuters, 16 février 2026, https://www.reuters.com/world/middle-east/iraqi-uae-consortium-plans-700-million-fast-data-cable-network-2026-02-16/
 STC Group wins bid to run Syria’s SilkLink telecoms infrastructure – Data Center Dynamics, 2025, https://www.datacenterdynamics.com/en/news/stc-group-wins-bid-to-run-syrias-silklink-telecoms-infrastructure/
 Gulf expands data connectivity with new subsea cable system – Semafor, 13 février 2026, https://www.semafor.com/article/02/13/2026/gulf-expands-data-connectivity-with-new-subsea-cable-system
 What is Singapore-India-Gulf subsea cable system… – Times of India, 2025, https://timesofindia.indiatimes.com/world/middle-east/what-is-singapore-india-gulf-subsea-cable-system-that-uaes-du-is-investing-in-for-high-data-connectivity/articleshow/128381872.cms

Publié le 09/04/2026


(publiant auparavant sous le nom de plume Émile Bouvier) est consultant en sûreté internationale, analyste des risques (politiques, sécuritaires et économiques) et chercheur indépendant, spécialisé sur le Moyen-Orient, en particulier la Turquie et son voisinage proche-oriental. Formé en géopolitique à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, il a développé une expérience reconnue au sein d’environnements étatiques et privés, en France comme à l’étranger. Il accompagne les décideurs et organisations de toute nature dans l’analyse des environnements complexes, l’anticipation des menaces et la sécurisation de leurs activités.


 


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