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L’intelligence artificielle, nouvel or noir du Moyen-Orient (4/4). Succès et applications concrètes de l’IA dans la région

Par Michel Isidore
Publié le 17/04/2026 • modifié le 17/04/2026 • Durée de lecture : 10 minutes

Lire la partie précédente : Une course aux infrastructures dédiées à l’IA

I. Les LLM souverains, prérequis de toute future puissance de l’IA ?

L’une des premières étapes du développement de l’IA dans plupart des pays de la région a, tout d’abord, été de développer un grand modèle de langage (LLM, pour Large Language Model) souverain. Un LLM est un programme d’intelligence artificielle entraîné sur une immense quantité de textes afin d’apprendre de quelle manière s’enchaînent les mots et comment ces derniers prennent du sens entre eux ; en prédisant mot après mot ce qui a le plus de chances de venir ensuite, le LLM est capable de générer du texte cohérent, répondre à des questions ou reformuler des informations, sans réellement « comprendre » comme un humain mais en s’appuyant sur des régularités statistiques du langage. Le LLM est en quelque sorte le moteur qui génère les réponses. Il s’agit donc de la base de tout agent conversationnel et, partant, une base plus ou moins inévitable, aujourd’hui, de la plupart des outils d’intelligence artificielle, qui impliquent pour leur très grande majorité une interaction entre un usager (qui va formuler une consigne ou une question) et la machine.

S’assurer de disposer d’un LLM souverain revêt deux importances de taille : celui de l’indépendance stratégique (en évitant notamment une dépendance critique à l’égard d’acteurs étrangers, étatiques ou privés, mais aussi en s’assurant que les données partagées au sein de ces LLM restent dans le pays propriétaire et ne puissent pas être consultables/utilisables par une puissance tierce) et celui de la préservation culturelle : un LLM réalisé par des acteurs anglo-saxons, qui aura été entraîné sur des milliards de texte anglophones, disposera dès lors d’un biais culturel anglo-saxon dans ses traitements de données et ses réponses. C’est pourquoi la plupart des pays de la région ont non seulement développé des LLM dans leur propre langue (en arabe, en turc [1] et en persan [2] pour le moment ; un LLM kurde, kurmandji/sorani, serait en cours de développement [3]) mais se sont également employés à disposer, autant que possible, de leur propre LLM ; ainsi l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Égypte [4] ont-ils tous les quatre développé des LLM promettant autant le respect de la langue que de la culture locales : le LLM saoudien ALLAM se targue ainsi d’être « le modèle d’IA arabophone le plus avancé au monde, maîtrisant parfaitement la culture, les valeurs et le patrimoine islamiques » [5] tandis que son équivalent qatari, Fanar, est présenté comme un outil de « préservation de la langue arabe et de ses différents dialectes » [6].

II. Des applications diverses et multisectorielles

Concrètement, quels sont les résultats atteints, ou du moins attendus, de la création volontariste de ces écosystèmes politico-économiques et de ces investissements massifs en faveur de l’IA à travers la région ? Quelles applications concrètes dans la vie de tous les jours des habitants de la région ? LLM souveraine ou non, les usages de l’intelligence artificielle sont d’ores et déjà extrêmement divers : si les assistants médicaux sont légion (l’outil israélien Binah permet par exemple de mesurer des signes vitaux comme le rythme cardiaque ou le niveau d’oxygène à partir d’une vidéo [7], tandis que l’AI émirienne Amal conduit, sous la forme d’un médecin virtuel, un entretien de préconsultation [8]), l’Égypte a développé une AI de traduction en temps réel des hiéroglyphes, Manetho, capable de les interpréter même lorsque le texte est estompé ou endommagé [9]. L’Arabie saoudite a conçu, de son côté, outre un assistant virtuel polyvalent (à l’instar de nombreux autres pays, tels que l’outil turc MAIN [10], l’égyptien Nanovate [11] ou l’iranien Hamiran [12]), ou encore un dispositif d’intelligence artificielle, prédictif comme analytique, visant à lutter entre autres choses contre la criminalité financière : MOZN [13]. Cette capacité d’analyse et de prédiction est naturellement utilisée aussi dans le domaine de la mercatique et du commerce, avec par exemple l’outil turc Tazi [14].

Si les Émirats arabes unis ont développé également leur lot de divers outils tels que l’assistant virtuel Seez [15], spécialisé dans l’industrie automobile (marketing prédictif, service client, etc.), ils se sont montrés davantage ambitieux dans leur usage de l’IA : en 2023, le pays a lancé le programme « Zéro bureaucratie » [16] visant à éliminer, comme son nom l’indique, les activités jugées bureaucratiques et les procédures gouvernementales chronophages, grâce notamment à la plateforme TAMM [17], délivrant une vaste gamme de services publics « intelligents », entièrement guidés par l’intelligence artificielle, à destination de la population émirienne [18]. Ce programme, présenté comme un franc succès jusqu’à maintenant par les autorités émiriennes [19], est le prélude d’une plus vaste ambition encore : confier, à terme, l’intégralité des services gouvernementaux à l’IA, c’est-à-dire s’employer à ce que tous les services publics soient optimisés ou automatisés par l’IA [20]. Le Liban entend, dans une moindre mesure, faire de même : sous la direction du ministre d’Etat à la Technologie et à l’Intelligence artificielle (MITAI) [21] - et par ailleurs ministre des Déplacés - Kamal Shehadi, le gouvernement libanais s’est doté en 2025 d’un projet visant, d’ici 2030, à digitaliser et optimiser par intelligence artificielle 80% des services publics qui peuvent l’être [22] ; la mosaïque de graphes ci-dessous montre, de fait, que le Liban est l’un des pays ayant connu le plus fort taux de croissance, entre 2020 à 2025, de l’indice de préparation de son gouvernement à l’intégration de l’IA :

III. Un secteur militaire foisonnant

Au-delà de l’économie, de la culture, ou de certains aspects pratiques de la vie quotidienne, l’IA revêt également une importante hautement stratégique à travers sa dimension militaire. Si les pays de la péninsule arabique n’en ont pas fait, pour le moment, une priorité au vu de la volonté, pour la plupart d’entre eux, de rester en-dehors des conflits régionaux et de s’y positionner même plutôt comme des médiateurs, il n’en est pas de même pour des pays comme Israël ou l’Iran. En effet, l’écosystème IA de l’Etat hébreu est stimulé, pour une large part, par les applications militaires de l’intelligence artificielle ; Tel Aviv est en effet l’un des pays les plus avancés dans l’usage de l’IA dans le domaine sécuritaire et s’emploie, autant que possible, à garder son avantage en la matière [23]. Si l’usage de l’IA à des fins de ciblage à Gaza a déjà été cité précédemment dans cet article, citons Sency qui permet, grâce à n’importe quelle caméra dans un téléphone portable, d’analyser les blessures des soldats [24] ; D-Fend Solutions qui promet d’établir un système de défense périmétrique anti-drone autonome [25] ; ou encore Adasky Technologies qui fournit, entre autres choses, des modèles de caméras à détection thermique dotée d’un traitement par intelligence artificielle pour les fantassins [26].

L’Iran n’est pas en reste : le Guide suprême Ali Khamenei a fait, en 2024, de l’IA une priorité en matière de souveraineté, craignant que l’accès et l’utilisation de l’IA puisse un jour être limité, voire interdit, à l’Iran par un organisme international [27] ; si les informations relatives aux applications militaires de l’IA en Iran ne transparaissent que très peu en sources ouvertes, des cas d’utilisation de l’intelligence artificielle à des fins de cyberattaques auraient déjà été observés [28], de même que des premiers modèles de missiles guidés par IA [29].

Si les pays de la péninsule arabique se contentent, pour le moment, d’employer essentiellement l’intelligence artificielle dans le domaine de la formation de leurs forces et de l’optimisation de la production et de l’utilisation des munitions [30], des acteurs militaires majeurs de la région, comme la Turquie, développent également l’intelligence artificielle à des fins d’amélioration notable de leurs capacités de combat : l’un des derniers appareils sans pilote turcs - dont le pays s’est fait une spécialité -, le Bayraktar Kızılelma, est désormais capable de suivre, de façon autonome, ses cibles et les classifier automatiquement [31] ; de même pour le système de défense laser anti-drones GÖKBERK qui, grâce à l’IA, put détecter et suivre ses cibles, de même que guider de façon autonome son tir vers ces dernières [32].

IV. Un espoir de retombées économiques majeures

Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse d’applications militaires ou civiles, l’enjeu pour les pays engagés d’une manière ou d’une autre dans la course à l’intelligence artificielle est de tirer un gain stratégique de l’utilisation de cette technologie. A cet égard, l’un des instruments de mesure actuellement étudiés pour analyser le degré de réussite, ou non, de l’exploitation du potentiel de l’intelligence artificielle dans l’économie locale est la part de la richesse générée par l’IA dans le PIB annuel : comme le montre le graphe ci-dessous, si les estimations actuelles placent l’Arabie saoudite comme la plus grande gagnante en chiffres absolus dans la course à l’IA avec une contribution de cette dernière à hauteur de 135 milliards de dollars américains dans l’économie saoudienne, l’étude de la part de la richesse générée par l’IA dans son PIB place l’Arabie saoudite en deuxième position : les Émirats arabes unis sortiraient en effet légèrement vainqueurs, avec 13,6% de leur PIB issu de la richesse générée par l’IA contre 12,4% pour le royaume wahhabite, confirmant l’ampleur -et la potentielle réussite- des politiques publiques favorables à l’intelligence artificielle entreprises par Abou Dhabi. La position dominante de l’Arabie saoudite en matière de contribution estimée de l’IA à son économie en chiffres absolus s’explique, avant tout, par son PIB naturellement bien plus vaste que celui des Émirats arabes unis : en 2024, le PIB annuel brut saoudien (1,2 milliards de dollars américains) s’avérait plus de deux fois supérieur à celui de son voisin émirien (0,55 milliards) ; preuve là encore du succès potentiel des politiques émiriennes en matière d’IA, cet écart diminue fortement dès lors qu’il s’agit de la contribution estimée de l’IA à l’économie en 2030 : malgré un PIB 2,1 fois supérieur à celui des Émirats arabes unis, la contribution estimée de l’IA à l’économie saoudienne ne serait supérieure que de 1,4 fois à celle d’Abou Dhabi.

De fait, les rapports démontrant la valeur ajoutée économique de l’IA pour la région sont désormais de plus en plus nombreux : si PwC estimait en 2018 que le développement de l’intelligence artificielle pourrait rapporter près de 320 milliards de dollars au PIB annuel de l’ensemble de la région -Turquie et Iran exclus- d’ici 2030, dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis seraient les plus grandes bénéficiaires [33], le cabinet britannique amendait en 2025 ses estimations en évaluant cette somme à 260 milliards de dollars pour les seuls pays du Conseil de coopération du Golfe [34] ; le secteur bancaire en particulier pourrait, selon la société britannique Finastra en 2025, ajouter une valeur équivalente à 13,6% du PIB régional actuel d’ici à 2030 si l’IA venait à y être généralisée [35]. Selon un autre rapport encore [36], en date de 2025, l’intelligence artificielle générative pourrait être, à elle seule, à l’origine de plus de 23 milliards de dollars par an de revenus à travers toute la région dans les prochaines années [37]. Si ces chiffres restent des estimations et s’avèrent donc, par naturellement, potentiellement très variables suivant un large camaïeu de facteurs (politiques, économiques, géopolitiques, climatiques…), ils s’accordent tous, en revanche, sur le potentiel économique majeur que représente l’IA, tant pour les structures étatiques que privées. Ces dernières années tendent à abonder dans le sens de ces estimations, le marché de l’IA ayant cru, en valeur, d’environ une quarantaine de points chaque année depuis 2019 à travers le Moyen-Orient ; d’autres études que celles précédemment citées prédisent, de fait, un taux de croissance annuel du marché de l’IA de 41,8% d’ici 2033 [38].

Conclusion

L’étude des dynamiques à l’œuvre au Moyen-Orient en matière d’intelligence artificielle met donc en évidence combien l’IA s’impose désormais comme un levier structurant de puissance au Moyen-Orient, au croisement des logiques de diversification économique, de compétition technologique et de souveraineté stratégique ; le volontarisme marqué de plusieurs États - au premier rang desquels Israël et les monarchies du Golfe -, qui ont fait de l’IA une priorité stratégique, soutenue par des investissements massifs, des réformes institutionnelles ciblées et la mise en place accélérée d’écosystèmes dédiés, reste toutefois variable suivant les pays en fonction de leurs capacités économiques, de leurs cultures technologiques et des contraintes géopolitiques qui leur sont propres.

Au-delà de l’effet d’annonce et de la rhétorique de modernisation qui accompagne fréquemment les stratégies nationales d’IA, plusieurs acquis apparaissent d’ores et déjà tangibles : montée en puissance d’une offre de formation spécialisée, attractivité croissante de la région pour les spécialistes de l’IA, multiplication de jeunes pousses dédiées et, surtout, engagement massif dans la construction d’infrastructures critiques - centres de données, capacités énergétiques et réseaux de connectivité- sans lesquelles aucune ambition en matière d’IA ne peut se matérialiser durablement. Sur ce plan, les États du Golfe disposent d’atouts structurels réels, notamment leur accès à une énergie abondante et bon marché ainsi que leur capacité à mobiliser rapidement des capitaux souverains à grande échelle. Néanmoins, cette détermination et ces succès restent grevés par une dépendance technologique encore forte, notamment vis-à-vis des fournisseurs occidentaux de semi-conducteurs avancés, ce qui limite, à ce stade, la portée d’une véritable souveraineté numérique régionale.

Ainsi, la trajectoire moyen-orientale de l’intelligence artificielle apparaît prometteuse mais empreinte de fragilités. La réussite durable des stratégies engagées dépendra moins de l’ampleur des investissements déjà annoncés que de la capacité des pays concernés à créer notamment un tissu industriel et technologique endogène, de même qu’à inscrire le développement de l’IA dans des cadres de régulation crédibles, que sont venus ébranler les divers usages de certaines IA moyen-orientales, notamment israéliennes, dans les conflits qu’a connus la région ces dernières années. Autrement dit, si le Moyen-Orient s’est incontestablement positionné comme un espace émergent majeur de la géopolitique de l’intelligence artificielle, la transformation de cet élan en leadership technologique durable demeure, à ce stade, un horizon ouvert plutôt qu’un acquis stabilisé.

A lire sur Les clés du Moyen-Orient :
 Le Qatar et l’Égypte, discrets mais incontournables médiateurs de la crise israélo-palestinienne
 Bilan de la guerre entre le Hamas et l’Etat d’Israël, six mois après (2/2)
 L’exposition universelle de Dubaï : quelles retombées économiques et diplomatiques pour les Émirats arabes unis ?
 La « diplomatie du drone » : un instrument de hard-power au service du soft-power turc (1/2). Le développement de drones « made in Turkey », entre opportunité industrielle et nécessité opérationnelle

Sitographie :
 T3 AI Project – T3 Foundation, sans date, https://t3vakfi.org/en/project/t3-ai
 Boof AI : Iran’s Persian language AI – WANA, 2024, https://wanaen.com/boof-ai-irans-persian-language-ai/
 KurdAI initiative – KurdAI, sans date, https://www.kurdai.org/blank-6
 Egypt launches Karnak LLM – ITIDA, 2026, https://itida.gov.eg/English/PressReleases/Pages/egypt-national-ai-karnak-llm-launch-Ai-Everything-MEA-2026.aspx
 Humain Chat launch – Humain, 2025, https://www.humain.com/en/news/humain-chat-launch.html
 AI tool Fanar aims to protect the Arabic language… – Qatar Foundation, 2024, https://www.qf.org.qa/stories/ai-tool-fanar-aims-to-protect-the-arabic-language-in-the-digital-world
 Top artificial intelligence startups in Israel – Startuprise, 2024, https://startuprise.org/top-artificial-intelligence-startups-in-israel/
 UAE unveils Amal, first AI physician assistant… – Gulf News, 2024, https://gulfnews.com/uae/health/uae-unveils-amal-first-ai-physician-assistant-to-transform-patient-care-1.500441023
 Egypt’s AI boom is being built for museums, dialects and data centres – WIRED Middle East, 2024, https://www.wired.me/story/egypts-ai-boom-is-being-built-for-museums-dialects-and-data-centres
 MainAI – site officiel, sans date, https://mainai.works/
 Arabic AI startup Nanovate secures $2 million pre-seed – Wamda, octobre 2025, https://www.wamda.com/2025/10/arabic-ai-startup-nanovate-secures-2-million-pre-seed-scale-gcc
 AI Tools app – Café Bazaar, sans date, https://cafebazaar.app/app/com.mad.aitools?l=en
 Mozn AI company profile – Mozn, sans date, https://www.mozn.ai/about
 Tazi.ai – site officiel, sans date, https://tazi.ai/
 SeeZ – site officiel, sans date, https://seez.co/
 Zero Bureaucracy Programme – UAE Ministry of Finance, 2024, https://mof.gov.ae/en/about-us/initiatives/zero-bureaucracy/
 TAMM Abu Dhabi government services – TAMM, sans date, https://www.tamm.abudhabi/
 TAMM app transforms Abu Dhabi government services – Microsoft News, 2024, https://news.microsoft.com/source/emea/features/tamm-app-abu-dhabi-government-services/
 UAE harnesses AI to slash bureaucracy… – Euronews, 13 février 2026, https://www.euronews.com/2026/02/13/uae-harnesses-ai-to-slash-bureaucracy-and-speed-up-public-services
 ADG Digital Strategy – Digital Government (UAE), 2025, https://www.dge.gov.ae/en/news/adg-digital-strategy
 Lebanon joins global tech race with appointment of its first Ministry of AI – TahawulTech, septembre 2025, https://www.tahawultech.com/news/lebanon-joins-global-tech-race-with-appointment-of-its-first-ministry-of-ai/
 MITAI initiatives and achievements – Government of Lebanon, sans date, https://www.mitai.gov.lb/initiatives-and-achievements
 Israel creates hub to hasten military AI autonomy research – Defense News, 2 janvier 2025, https://www.defensenews.com/global/mideast-africa/2025/01/02/israel-creates-hub-to-hasten-military-ai-autonomy-research/
 National AI program stalls stealthily – Israel Tech Insider, 2024, https://www.israeltechinsider.com/p/national-ai-program-stalls-stealthy
 D-Fend Solutions – Startup Nation Central Finder, sans date, https://finder.startupnationcentral.org/company_page/d-fend
 Military tech startups in Israel – Tracxn, 2024, https://tracxn.com/d/explore/military-tech-startups-in-israel/__oVC0QfAQfmPQvL19dkQRMANQyVKU-xiYry9gDOw3E9s/companies#t-3-airobotics
 Khamenei warns about AI regulatory dominance – MEMRI, 2024, https://www.memri.org/tv/iran-supreme-leader-ayatollah-ali-khamenei-warn-artificial-intelligence-regulatory-body-master
 Iran’s AI revolution is moving faster than we think – The Times of Israel (blog), 2024, https://blogs.timesofisrael.com/irans-ai-revolution-is-moving-faster-than-we-think/
 AI-driven Iranian Abu Mahdi cruise missile… – Autonomy Global, 2024, https://www.autonomyglobal.co/ai-driven-iranian-abu-mahdi-cruise-missile-expands-long-range-anti-ship-threat/
 Towards a tech-exporting Gulf… – ISPI, 2024, https://www.ispionline.it/en/publication/towards-a-tech-exporting-gulf-how-the-ai-revolution-is-reshaping-defence-and-politics-in-the-gcc-states-205613
 Bayraktar Kızılelma’ya Hayalet Göz – Baykar Tech, 2024, https://bayraktartech.az/tr/press/bayraktar-kizilelmaya-hayalet-goz/
 Gökberk, le système laser mobile turc… – MENA Defense, 2024, https://www.menadefense.net/gokberk-le-systeme-laser-mobile-turc-qui-revolutionne-la-defense-antiaerienne/
 Potential impact of artificial intelligence in the Middle East – PwC Middle East, 2018, https://www.pwc.com/m1/en/publications/potential-impact-artificial-intelligence-middle-east.html
 AI expected to contribute $260bn to the GCC economy – Khaleej Times, 2024, https://www.khaleejtimes.com/business/ai-expected-to-contribute-260b-to-the-gcc-economy
 AI in Middle East banking could add 13.6% to GDP by 2030 – IBS Intelligence, 2024, https://ibsintelligence.com/ibsi-news/ai-in-middle-east-banking-could-add-13-6-to-gdp-by-2030/
 AI in the Middle East : Adoption trends, readiness and risk landscape – Analysis Report 2025 – GlobeNewswire, 10 octobre 2025, https://rss.globenewswire.com/fr/news-release/2025/10/10/3164741/28124/en/AI-in-the-Middle-East-Adoption-Trends-Readiness-and-Risk-Landscape-Analysis-Report-2025.html
 Middle East Artificial Intelligence Market Report – Grand View Research, 2024, https://www.grandviewresearch.com/industry-analysis/middle-east-artificial-intelligence-market-report

Publié le 17/04/2026


(publiant auparavant sous le nom de plume Émile Bouvier) est consultant en sûreté internationale, analyste des risques (politiques, sécuritaires et économiques) et chercheur indépendant, spécialisé sur le Moyen-Orient, en particulier la Turquie et son voisinage proche-oriental. Formé en géopolitique à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, il a développé une expérience reconnue au sein d’environnements étatiques et privés, en France comme à l’étranger. Il accompagne les décideurs et organisations de toute nature dans l’analyse des environnements complexes, l’anticipation des menaces et la sécurisation de leurs activités.


 


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