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Le « Hezbollah turc » et le « Front islamique du grand Orient » : retour sur deux mouvements ‘terroristes’ islamistes turcs méconnus (1/2). Le Hezbollah turc

Par Emile Bouvier
Publié le 19/01/2021 • modifié le 20/01/2021 • Durée de lecture : 13 minutes

A general view of the city of Mardin is seen, 22 March 2006, south eastern Turkey.

AFP PHOTO/MUSTAFA OZER
MUSTAFA OZER / AFP

Ces deux mouvements armés, qui commettront de nombreuses actions terroristes sur le sol turc et seront catégorisés de la sorte par les autorités turques et par plusieurs pays et institutions internationales [3], interpelleront par ailleurs en raison de leurs liens ou de leur présence, diffuse ou soupçonnée, au sein de l’appareil étatique turc. Le Hezbollah turc, qui avait fait du PKK sa cible prioritaire dans les années 1990, a ainsi été régulièrement accusé d’être piloté par les autorités turques, qui auraient vu dans cet affrontement inter-kurde un moyen de neutraliser deux nuisances nationaliste et islamiste à moindre frais. Le Front islamique du grand Orient, qui aurait entretenu des liens avec Al-Qaeda, autant idéologiques qu’opérationnels, aurait disposé de ramifications au sein des élites politiques turques qui, comme évoqué en chapeau de cet article, refont surface encore aujourd’hui.

Bien que l’IBDA-C et le Hezbollah kurde ne semblent plus actifs aujourd’hui et que le monopole de l’action terroriste en Turquie semble désormais essentiellement détenu par Daech, le PKK et le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), aucune des deux organisations terroristes islamistes n’a officiellement annoncé la fin de ses activités ; leur maintien sur la liste des organisations terroristes de la Turquie et d’autres pays et institutions internationales [4] s’avère éloquent à cet égard.

Cet article entend ainsi présenter ces deux groupes méconnus et désormais discrets, mais dont l’histoire et les actions passées restent encore vives dans la mémoire politique turque : le Hezbollah turc fera l’objet de la première partie de cet article, avant d’être suivi par une présentation du Front islamique du grand Orient.

1. Genèse et ascension du groupe

La création du Hezbollah turc remonte aux années 1970 durant lesquelles, au milieu des affrontements violents entre mouvements d’extrême-gauche et d’extrême-droite, plusieurs intellectuels et responsables islamistes turcs, essentiellement d’ethnie kurde, évoquent l’idée de créer un mouvement visant à développer l’islamisme sur le sol turc [5].

En effet, la Turquie, autrefois siège du Califat jusqu’à son abolition par la Grande Assemblée nationale turque le 3 mars 1924, est désormais l’apôtre régional de la laïcité, réprimant sévèrement toute initiative visant à permettre un retour de l’islam sur la scène politique turque, comme les différents coups d’Etat de la seconde moitié du XXème siècle ont pu le montrer. Seul le Parti du salut national (MSP - Millî Selamet Partisi), créé en 1971 sous l’égide de Necmettin Erbakan, parvient à évoquer ouvertement des idées islamistes. Celles-ci prospèrent notablement dans le Kurdistan turc, éminemment rural, et parmi les Turcs et Kurdes ayant émigré du sud-est anatolien vers les villes de l’ouest [6].

La politisation et le militantisme de ces islamistes s’articulent tout d’abord autour de l’Association nationale des étudiants turcs (MTTB - Milli Türk Talebe Birligi), organe politique de la branche jeunesse du Parti du salut national [7]. Le coup d’Etat du 12 septembre 1980 vient toutefois mettre un terme aux activités du MSP et du MTTB : le 16 octobre 1981, la Cour constitutionnelle turque annonce la dissolution du parti islamiste en raison de ses activités jugées « contraires aux principes de la laïcité » [8].

Si les partisans du MSP se reconstituent à partir du 19 juillet 1983 autour du Parti de la prospérité (RP - Refah Partisi) [9], un grand nombre d’entre eux considère toutefois que l’armée, acquise à la laïcité et au kémalisme, les empêchera encore et toujours de s’organiser et de développer leurs idées en Turquie [10]. Ces marginaux lancent dès le lendemain du coup d’Etat, fin 1980, le mouvement Vahdet, du nom de la librairie de Diyarbakir - « capitale » du Kurdistan turc » [11] dans laquelle ils se rassemblaient pour échanger et réfléchir à l’implémentation de leur projet [12]. Deux autres librairies viendront leur servir de lieux de rassemblement les années suivantes : les librairies Menzil, fondée en 1981 par Fidan Güngör, et İlim, fondée en 1982 par Hüseyin Velioğlu [13].

Les partisans du Vahdet se rassembleront dans ces trois librairies jusqu’en 1987, date à laquelle Hüseyin Velioğlu déménagera sa librairie à Batman, plus au sud [14]. L’organisation se scindera alors en deux mouvances. Celle de Velioğlu prônera un passage immédiat à la lutte armée tandis que celle de Güngör maintiendra la nécessité d’une approche légale et démocratique [15]. Les désaccords sur le sujet entre la branche Güngör (groupe « Menzil ») et celle de Velioğlu (groupe « Ilim ») se traduiront en affrontements armés qui résulteront en la mort de plusieurs militants de part et d’autre au fil des années, en particulier entre 1990 et 1993 [16]. Préparé à la lutte armée et mieux équipé, le groupe Ilim parvient à prendre le dessus sur le groupe Menzil. A l’occasion de cette victoire, Hüseyin Velioğlu renomme en 1993 son groupe en « Hezbollah », littéralement le « Parti de Dieu » [17].

Le groupe Menzil ne fera que perdre de son influence concomitamment à la montée en puissance du groupe Ilim ; en 1996, après la mort de Mansur Güzelsoy, leader religieux du Menzil, Mollah Zekeriya Ay aurait été désigné comme son successeur, mais le groupe cessera ses activités et ne fera plus parler de lui jusqu’en 2002 [18], comme il sera vu plus loin.

2. Lutte armée : de la lutte d’influence au terrorisme

Fort du succès remporté sur le groupe Menzil, le Hezbollah turc monte en puissance et cherche à étendre son influence au Kurdistan où il acquiert un soutien croissant [19]. Difficiles à quantifier, ses effectifs armés auraient, au faîte du Hezbollah, comptés plus d’un millier de combattants. Ses sympathisants, quant à eux, seraient estimés à une vingtaine de milliers selon le chercheur américano-turc Corry Görgü [20], dont les chiffres correspondent également à ceux du think tank américain « Center for Defence Information » [21].

La rivalité avec le PKK, qui mène alors une insurrection armée contre l’Etat turc depuis pratiquement dix ans, ne tarde pas à se traduire, là encore, en violents affrontements armés. Le Hezbollah, qui surnomme le PKK le « Partiya Kafirin Kurdistan », c’est-à-dire le « Parti des infidèles du Kurdistan » [22], fait du mouvement marxiste-léniniste sa cible prioritaire : de 1992 jusqu’à l’an 2000 environ, l’organisation islamiste mène de véritables opérations militaires à l’encontre du PKK et de ses partisans [23], en particulier dans les grandes villes où les deux mouvements kurdes se concurrencent le plus, à l’instar de Diyabarkır, Mardin, Silvan ou encore Nusaybin.

Les affrontements se montrent très violents : au fanatisme des militants du Hezbollah turc, les militants du PKK opposent une expérience pour le moins éprouvée dans les domaines de la guérilla et de la clandestinité. Selon l’ONG Human Rights Watch, la « chasse aux sorcières » lancée contre les partisans du PKK au Kurdistan turc provoque la mort, en moyenne, de deux personnes par jour de 1992 à 1995 [24]. Près de 3000 personnes seraient mortes au cours de cette période, soit au combat, soit à la suite d’une exécution sommaire [25].

Le Hezbollah turc élargit par ailleurs sa guerre à l’ensemble des acteurs qu’il juge contraires à la loi islamique ou opposés au Hezbollah : ainsi Mehmet Ali Sincar, député du parti prokurde légal « Parti de la démocratie » (DEP - Demokrasi Partisi) est-il tué à Batman en septembre 1993, par exemple [26]. A partir de 1998, le Hezbollah turc s’en prend également aux repentis du mouvement islamiste : la féministe musulmane Konca Kuriş [27], ancienne militante du Hezbollah turc, est enlevée en 1998 à Mersin et son corps retrouvé, un an plus tard, à Konya. Une soixantaine d’ex-membres du Hezbollah turc auraient ainsi été enlevées et/ou tuées 1998 à 1999 [28]. Le 29 décembre 1999, Izzettin Yildirim, fondateur très apprécié en Turquie d’un petit parti kurde islamiste légal est également enlevée et assassiné par le Hezbollah turc [29] ; cet assassinat, ainsi que celui de Konca Kuriş, choquent toutefois grandement l’opinion publique turque et une partie de la base militante du Hezbollah.

Les autorités turques, jusqu’ici relativement peu impliquées dans la lutte contre le Hezbollah turc, décident alors d’intensifier les opérations de sécurité à l’encontre des militants islamistes, et davantage encore après l’assassinat du chef de la police de Diyarbakır Gaffar Okkan début 2000 [30].

Après plusieurs nouvelles actions armées du Hezbollah turc, la police turque parvient à localiser Hüseyin Velioğlu ; ce dernier est abattu dans une villa d’Istanbul le 17 janvier durant la fusillade qui s’ensuivra avec les forces de sécurité turques. Dans les semaines qui suivent, la police réalise plusieurs coups de filet à travers la Turquie à l’encontre du Hezbollah : Edip Gümüş et Cemal Tutar, lieutenants de Hüseyin Velioğlu, sont arrêtés, ainsi qu’une centaine de militants. Un grand nombre d’autres partisans du mouvement islamiste parviennent à fuir dans des pays voisins [31].

Les procès des membres du Hezbollah commencent en 2000 et s’achèvent pour la plupart en décembre 2009. Les accusés sont condamnés à diverses peines d’emprisonnement et, pour un grand nombre d’entre eux, à la prison à perpétuité. Dix-huit membres du Hezbollah turc, parmi lesquels Edip Gümüs et Cemal Tutar, sont toutefois libérés de prison le 4 janvier 2011, conformément à un amendement au code pénal turc qui fixait à 10 ans la durée pendant laquelle des prisonniers pouvaient être détenus sans avoir été condamnés par un verdict final. Malgré l’émission de nouveaux mandats d’arrêt et plusieurs opérations de police visant à retrouver les intéressés, ces derniers sont, aujourd’hui encore, introuvables [32].

3. Après la lutte armée : création de Hüda-Par et de ses satellites

La répression policière sur le Hezbollah et, surtout, la mort de son leader emblématique, bouleversent en profondeur l’organisation clandestine qui décide de mettre un terme à la lutte armée [33]. Après trois années passées à se remettre du choc de l’année noire que l’an 2000 aura constituée pour le Hezbollah, ses cadres et militants se réorganisent et décident de créer, en 2004, une constellation d’associations à travers la Turquie afin de répandre leurs idées islamistes dans un cadre légal et pacifique [34].

A la suite de la décision de mettre fin à la lutte armée en 2002 [35], les sympathisants du groupe Menzil fondent en 2003 un mouvement appelé « Solidarité avec les opprimés » (Mustazaflar ile Dayanisma Dernegi), également connu sous le nom de Mouvement des opprimés (Mustazaflar Hareketi), qui connait un certain succès dès ses débuts. Un tribunal de Diyarbakir ordonne alors, le 20 juin 2010, la fermeture de l’Association des opprimés (façade associative du Mouvement des opprimés) au motif qu’elle « menait des activités au nom de l’organisation terroriste Hezbollah ». La décision sera confirmée par la Cour de Cassation le 11 mai 2012 [36].

Fin 2012, le Mouvement des opprimés annonce sa volonté de fonder un parti politique afin de contrer le Parti démocratique des peuples (HDP - Halkların Demokratik Partisi), principal parti kurde d’opposition créé le 15 octobre 2012. Le 17 décembre 2012, le « Parti de la cause libre » (Hüda-Par pour « Hür Dava Partis »i en kurde) est créé [37] ; ses quartiers-généraux sont établis le 9 janvier 2013 à Ankara. Entouré d’une constellation d’associations et mouvements qui lui sont affiliés, le Hüda-Par a créé pour cela une entité faîtière, la société des « Adorateurs du Prophète » (Peygamber Sevdalilari) [38].

Régulièrement accusé de servir de façade légale au Hezbollah turc et de soutien au Parti de la justice et du développement (Adalet ve Kalkınma Partisi – AKP, actuellement au pouvoir), le Hüda PaR ne dispose d’aucun député sur les bancs de la Grande Assemblée nationale turque mais a appelé, en 2018, ses militants à voter pour Recep Tayyip Erdoğan lors de l’élection présidentielle. Attirant la haine du PKK pour qui ce mouvement incarne les assassinats et les affrontements fratricides entre Kurdes des années 1990, le Hüda-Par est la cible régulière d’attaques médiatiques du mouvement révolutionnaire kurde, voire d’attaques armées : le 9 juin 2015, le militant du Hüda-Par Aytaç Baran est tué à Diyarbakır par un combattant de la branche jeunesse du PKK, le Mouvement de la jeunesse patriotique révolutionnaire (YDG-H – Yurtsever Devrimci Gençlik Hareketi) [39]. Des membres du Hüda-Par, identifiés comme d’anciens combattants du Hezbollah turc, assassineront dans la même journée les membres du HDP Bayram Özelçi, Bayram Dağtan et Emin Ensen [40].

4. Soupçons d’une implication directe des autorités turques

Selon les responsables du service de renseignement turc, le MIT (Milli İstihbarat Teşkilatı), le Hezbollah aurait été financé et formé en partie par l’Iran postrévolutionnaire, le régime des mollahs ayant soutenu, à sa fondation, la création de nombreux mouvements islamistes au Moyen-Orient, à l’instar du Hezbollah libanais. De fait, plusieurs cadres du Hezbollah turc auraient séjourné à plusieurs reprises en Iran de 1984 à 1987 [41].

Si l’implication d’une puissance étrangère dans un groupe comme le Hezbollah turc n’apparaît pas improbable, celle des autorités turques étonne davantage ; un faisceau d’indices et d’explications abondent pourtant en ce sens. En effet, selon les partisans de cette thèse, l’Etat turc aurait soutenu le Hezbollah turc afin qu’il s’en prenne au PKK, dont la guérilla à l’encontre des forces de sécurité turques devenait toujours plus problématique [42].

Ces accusations, formulées dès les premiers combats entre le PKK et le Hezbollah, seront alimentées par différentes enquêtes : l’hebdomadaire turc « 2000’e Doğru » rapporte ainsi en février 1992 que des membres du Hezbollah seraient en train d’être formés au siège de la « Force de réaction rapide » (« Çelik Kuvvet ») de la police turque à Diyarbakir. Deux jours après la publication de l’article, son auteur, Halit Güngen, est tué par des meurtriers non identifiés [43]. Le 20 novembre de la même année, Namik Taranci, correspondant à Diyarbakir de l’hebdomadaire Gerçek (« Réalité »), est abattu dans la rue. Là encore, la dernière édition du magazine publiait un article présentant les relations entre l’Etat et le Hezbollah [44]. Plusieurs autres cas d’assassinats de journalistes enquêtant sur le Hezbollah turc se dérouleront dans les mois suivants (à l’instar de Hafiz Akdemir, reporter pour Özgür Gündem (« L’Agenda libre »), abattu à Diyarbakir le 8 juin 1992 après avoir révélé qu’un meurtrier appartenant au Hezbollah avait été libéré après seulement six semaines de détention) [45].

Le 17 janvier 2011, Arif Dogan, colonel de gendarmerie à la retraite de l’armée turque, co-fondateur du JITEM (service de renseignement de la gendarmerie turque) déclare quant à lui avoir créé le Hezbollah afin de contrer le PKK [46], en accord avec le MGK (Conseil de sécurité nationale turc) et la présidence turque.

Le chercheur français Gilles Doronso explique par ailleurs que « la commission de la [Grande Assamblée nationale turque] qui visite Batman le 27 juillet 1993 a indiqué comment dans les villages de Sekü, Gönüllü et Çiçekli des camps du Hizbullah bénéficiaient de l’aide de l’État […]. Le mouvement a par ailleurs des camps dans les villages de Yolaç (Suse) à Silvan, Seki à Batman, Hatuni (Diyarbakır), ce qui était certainement connu des autorités. Le [groupe] İlim à Silvan est probablement le meilleur exemple de la coopération avec l’État et les korucu [47]. Silvan, placé entre Diyarbakır, Batman et Bingöl, sert de plaque tournante au mouvement. Dans le village de Yolaç, le Hizbullah organise ouvertement des réunions, des prières au cimetière des Şehit, des entraînements militaires […] » [48].

Ainsi, s’il apparaît difficile d’affirmer que l’Etat turc puisse être à l’origine de la création du Hezbollah turc, sa connivence ou, en tous cas, sa bienveillance tacite, semblent incontestables, en particulier au vu des dommages que causait le mouvement islamiste au PKK.

Le Hezbollah turc n’a plus fait parler de lui depuis les remises en liberté de certains de ses cadres en 2011. Les autorités turques continuent toutefois de le considérer comme un groupe terroriste et restent attentives à ses émanations ; le Hezbollah turc emporte avec lui la réputation d’un des groupes terroristes les plus controversés et radicaux de l’histoire turque, dont les activités violentes contre le PKK et autres opposants de gauche ne sont pas pour déplaire à certaines franges ultranationalistes de la population, y compris à l’étranger [49].

Le risque terroriste et idéologique qu’il représente aujourd’hui encore pousse les forces de sécurité turques à maintenir une attention soutenue à son égard, comme le montre par exemple l’arrestation, le 26 mars 2020, d’un membre du Hezbollah recherché depuis 20 ans dans la ville de Muş, dans le sud-est de la Turquie. Caché dans un compartiment secret de sa maison lors de son interpellation, l’intéressé, désigné seulement sous ses initiales Y.Y., avait été condamné à six ans et trois mois d’emprisonnement par contumace en 2000 [50].

Lire la partie 2

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Publié le 19/01/2021


Emile Bouvier est étudiant à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, où il prépare les concours de la fonction publique. Diplômé d’un Master 2 en Géopolitique, il a connu de nombreuses expériences au Ministères des Armées, notamment au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à l’Etat-major des Armées dans une cellule d’analyse géopolitique, ou encore en Mission de Défense (MdD) en Turquie. Son grand intérêt pour la Turquie et la question kurde l’ont amené à voyager à de nombreuses reprises dans la région et à travailler sur les problématiques turques et kurdes à de multiples occasions.


 


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