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Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin
Publié le 01/02/2010 • modifié le 24/02/2020 • Durée de lecture : 3 minutes

De l’antiquité à Mahomet

Les peuples du Golfe, de l’antiquité à l’arrivée européenne au XVème siècle, connaissent une histoire commune, les entités nationales ne s’ébauchant qu’à partir du XVII/XVIIIème siècle, et surtout au XXème siècle.

Les peuples du Golfe sont connus à l’époque antique pour leur dynamisme dans le commerce et le développement des voies maritimes. Si l’histoire de l’antique Emirats arabes unis est difficile à reconstituer, en revanche, celle du royaume de Dilmoun (actuel Bahreïn) est plus connue. On retiendra donc la particulière prospérité et ancienneté de la route commerciale établie entre la basse Mésopotamie (royaume sumérien vers 2340 à 2004 avant J. C.) et la vallée l’Indus, ainsi que le dynamisme de Dilmoun dans les échanges commerciaux. A Dilmoun, on trouve notamment du bois en provenance de l’Inde, des perles récoltées dans le Golfe, des pierres d’Afghanistan, du cuivre d’Oman, des graines de sésame et de la laine de Mésopotamie. Le Qatar profite également de ces échanges, cependant de façon moins dynamique que Dilmoun. Le commerce entre le Golfe, la Mésopotamie et la vallée de l’Indus se poursuit, mais les changements de civilisations en Mésopotamie (Assyriens en 1200 avant J. C., Perses achéménides en 580 avant J. C.) provoquent le déclin du commerce avec le Golfe. Les échanges commerciaux se poursuivent néanmoins avec la Mésopotamie, à la période séleucide (de 310 à 83 avant J. C.), puis à la période sassanide (de 226 à 651 après J. C.). Les perses sassanides, à la faveur de luttes internes entre les peuples du Golfe, s’emparent du littoral du Golfe au VIème siècle. Leur domination se poursuit jusqu’à l’apparition de l’islam. En 632, à la mort du prophète Mahomet, les peuples du Golfe se sont convertis à l’islam. A la suite du califat abbasside, qui s’est probablement étendu au Qatar si l’on en croit les vestiges retrouvés sur la côte ouest, les peuples du Golfe sont dominés par la secte des Karmates, qui occupe la péninsule arabique de 899 à la fin du XIème siècle. Au début du XVIème siècle, ils sont confrontés à l’arrivée des Européens, et plus particulièrement des Portugais.

L’arrivée européenne dans le Golfe au XVIème siècle

Les Portugais cherchent en effet de nouveaux débouchés commerciaux, en direction de l’Inde. Ils se dirigent pour ce faire vers l’Afrique, et conquièrent le port marocain de Ceuta en 1415, puis découvrent Madère (à l’ouest du Maroc) en 1420, les Açores en 1432, le Cap Vert en 1444. En 1488, ils atteignent le cap de Bonne Espérance. L’expédition de Vasco de Gama, partie de Lisbonne en 1497 en direction du cap de Bonne Espérance, aidée dans son itinéraire par le navigateur arabe Ahmad Ibn Majid, atteint l’Inde en 1498. Forts de la découverte de cette route maritime jusqu’à l’Inde, les Portugais cherchent alors à en assurer la sécurité par le contrôle de la mer Rouge et du Golfe et s’emparent au début du XVIème siècle des ports d’Ormuz en Perse et de Mascate (Oman actuel) ainsi que de Bahrein et du Qatar. Les Portugais dominent les voies maritimes et le commerce du Golfe jusqu’en 1650. Ils quittent définitivement la région à cette date, après avoir été chassé du Qatar en 1538, et à la suite des offensives du chah Abbas 1er de Perse, qui reprend le port de Bahreïn dès 1602 (celui-ci reste sous la domination perse de 1602 à 1783), et le port d’Ormuz en 1622.
Les Portugais sont remplacés par les Hollandais, les Anglais et les Français, qui tentent également d’assurer leurs liens commerciaux avec l’Inde. Les Hollandais créent dans ce but la compagnie maritime des Indes orientales en 1602, fondent Djakarta en 1619, s’assurent le contrôle des épices de l’Indonésie et installent des comptoirs à Bassorah et à Bandar Abbas dès 1625 (port de la Perse qui remplace celui d’Ormuz à la suite de la défaite des Portugais contre le shah Abbas Ier). La France, avec la compagnie française des Indes orientales, fondée en 1664, est également présente dans ces deux comptoirs. Quant aux Anglais, ils se concentrent, outre Bassorah et Bandar Abbas, sur les Indes, et leur compagnie maritime, la compagnie des Indes orientales, créée en 1599, devient prédominante en Inde et dans le Golfe.
Cette prépondérance britannique se poursuit au XIX et au début du XXème siècle afin de préserver la route des Indes.

Bibliographie
Salem AL-JABIR AL-SABAH, Les Emirats du Golfe, histoire d’un peuple, Paris, Fayard, 1980, 261 pages.
André BOURGEY, « Emirats arabes du Golfe », Encyclopédie Universalis 2009.
Albert HOURANI, Histoire des peuples arabes, Points seuil, Paris, 1993, 732 pages.

Publié le 01/02/2010


Anne-Lucie Chaigne-Oudin est la fondatrice et la directrice de la revue en ligne Les clés du Moyen-Orient, mise en ligne en juin 2010.
Y collaborent des experts du Moyen-Orient, selon la ligne éditoriale du site : analyser les événements du Moyen-Orient en les replaçant dans leur contexte historique.
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Docteur en histoire de l’université Paris-IV Sorbonne, a soutenu sa thèse sous la direction du professeur Dominique Chevallier.
Elle a publié en 2006 "La France et les rivalités occidentales au Levant, Syrie Liban, 1918-1939" et en 2009 "La France dans les jeux d’influences en Syrie et au Liban, 1940-1946" aux éditions L’Harmattan. Elle est également l’auteur de nombreux articles d’histoire et d’actualité, publiés sur le Site.


 


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