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Reportage photo en Afghanistan - 100 jours au pouvoir : l’Afghanistan sous les Taliban

Par Ines Gil
Publié le 30/11/2021 • modifié le 30/11/2021 • Durée de lecture : 3 minutes

Un petit groupe de Taliban regarde le coucher de soleil sur Kaboul depuis le parc Bibi Mahro (Kaboul, Afghanistan).

Crédits photos : Ines Gil

En prenant Kaboul, les Taliban sont aussi entrés en confrontation avec une société changée par rapport à la période entre 1996 à 2001. Selon les Nations unies, 63,7% des Afghans ont moins de 25 ans. Cette population jeune n’a pas connu l’Emirat islamique implanté en 1996. Certains jeunes craignent un retour de l’obscurantisme raconté par leurs ainés. Sous la République afghane, en vingt ans, l’accès à l’éducation pour les femmes et la liberté de la presse avaient connu des avancées considérables qui pourraient être mises à mal. Dans la majorité des provinces, depuis trois mois, les filles afghanes n’ont pas accès à l’école dans le secondaire. Concernant l’accès des femmes au travail, hormis le domaine de la santé qui reste largement épargné, les femmes afghanes ont cessé de travailler dans de nombreux secteurs. Le Ministère des Femmes est devenu le Ministère de la Prévention du vice. Par ailleurs, le gouvernement a récemment édicté un communiqué interdisant aux femmes de se produire comme actrices dans des films et séries TV. Pour le moment, le nouveau régime, soucieux d’être reconnu par la communauté internationale, se montre néanmoins plus flexible sur les questions de société qu’entre 1996 et 2001. Les exécutions publiques n’ont pas été rétablies et à Kaboul, les femmes ont réinvesti l’espace public et préfèrent en majorité le voile à la burqa. Mais pour les organisations de défense des droits des femmes et de la liberté d’expression, une fois le régime reconnu par la communauté internationale, les libertés pourraient être encore un peu plus rognées.

Avec leur retour au pouvoir, les Taliban font de la sécurité un thème majeur de leur politique. L’insécurité qui régnait en Afghanistan depuis une dizaine d’années rendait le quotidien des Afghans extrêmement difficile. Mais la paix ne semble pas de retour pour l’ensemble de la population : les Hazaras de confession chiite qui constituent environ 15% de la population sont régulièrement la cible d’attaques violentes revendiquées par l’Etat islamique au Khorassan. L’avènement de l’EI-K constitue le défi majeur pour les Taliban, à peine arrivés au pouvoir et déjà défiés dans les deux piliers qu’ils défendent : le maintien de la sécurité et le retour d’un pouvoir réellement islamique.

Crédits photos : Ines Gil

Théâtre d’une crise économique gravissime, l’Afghanistan est en proie à la famine. A l’hôpital Atatürk de Kaboul, « les cas de malnutrition touchant les bébés se sont multipliés les trois derniers mois » selon le Docteur Atifa Shapour, qui travaille comme médecin.

Crédits photos : Ines Gil

L’ONG française La Chaîne de l’Espoir fournit une aide médicale gratuite pour les Afghans les plus pauvres, principalement pour des opérations chirurgicales couteuses. Selon Said Rahim Rastkar, “avec la crise économique, les besoin augmentent. Nous ne savons pas si nous serons capables de répondre positivement à toutes les demandes.” Sur la photo, une famille dont deux enfants sont bénéficiaires de La Chaîne de l’Espoir pour des opérations chirurgicales aux yeux.

Crédits photos : Ines Gil

Dans ce centre public qui prend en charge des patients toxicomanes, les employés n’ont pas reçu de salaire depuis 4 mois. Les employés du secteur public ne sont plus rémunérés depuis l’arrivée des Taliban, du fait du manque de moyens économiques au niveau étatique.

Crédits photos : Ines Gil

Une boulangerie de Kaboul de nuit. Avec la crise économique, le prix du pain a doublé en Afghanistan. Il constitue un aliment de base pour les Afghans.

Crédits photos : Ines Gil

Un groupe de Taliban posté à l’entrée du Ministère de l’Intérieur.

Crédits photos : Ines Gil

En Afghanistan, la majorité de la population n’a pas connu l’Emirat islamique entre 1996 et 2001. Plus de 60% des Afghans ont moins de 25 ans.

Crédits photos : Ines Gil

Dans un quartier à majorité Hazara, les photos des femmes à l’entrée des salons de beauté ont été taguées depuis l’arrivée des Taliban au pouvoir. En majorité de confession chiite, les Hazaras sont plus libéraux que le reste de la population sur la question des libertés individuelles. Longtemps considérés comme citoyens de seconde zone, ils sont vus comme apostats par l’EI-K et sont donc ciblés par des attentats meurtriers.

Crédits photos : Ines Gil

Dans 28 provinces sur 34, l’accès à l’école dans le secondaire est interdit pour les filles afghanes. Sur la photo, une jeune écolière du primaire dans une école publique de Kaboul.

Crédits photos : Ines Gil

La question de l’accès à l’éducation pour les filles est un point de crispation majeur entre les Taliban et la communauté internationale. Sur la photo, une jeune écolière du primaire dans une école publique de Kaboul.

Crédits photos : Ines Gil

Alors que le pays s’enfonce un peu plus dans la pauvreté, de nombreux enfants travaillent en Afghanistan pour se nourrir et soutenir leur famille. Sur la photo, Muzghan, 9 ans, regarde le cimetière dans lequel elle travaille en nettoyant des tombes depuis 2 ans.

Crédits photos : Ines Gil

La vie continue pour de nombreux Afghans. Un groupe d’amis joue à un jeu de société dans un parc de Kaboul.

Crédits photos : Ines Gil

Kaboul, Afghanistan.

Publié le 30/11/2021


Ines Gil est Journaliste freelance basée à Beyrouth, Liban.
Elle a auparavant travaillé comme Journaliste pendant deux ans en Israël et dans les territoires palestiniens.
Diplômée d’un Master 2 Journalisme et enjeux internationaux, à Sciences Po Aix et à l’EJCAM, elle a effectué 6 mois de stage à LCI.
Auparavant, elle a travaillé en Irak comme Journaliste et a réalisé un Master en Relations Internationales à l’Université Saint-Joseph (Beyrouth, Liban). 
Elle a également réalisé un stage auprès d’Amnesty International, à Tel Aviv, durant 6 mois et a été Déléguée adjointe Moyen-Orient et Afrique du Nord à l’Institut Open Diplomacy de 2015 à 2016.


 


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